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Cela fait plus de 20 ans qu’il colle ses œuvres pixellisées aux 4 coins du monde. Invader, ou Space Invader, fait partie du gratin des artistes urbains français. Et pourquoi ne serait-il pas au centre de votre prochain projet de classe ? Nous vous proposons de découvrir un peu plus sa démarche tout en vous donnant quelques pistes pour explorer son univers de la petite section maternelle au CM2. Vous trouverez en pièces jointes une fiche pédagogique, une série de photographies de mosaïques du cycle 1 au cycle 3, une série de modèles à créer.

Invader, qui es-tu ?

Comme le célèbre Banksy, Invader cultive l'anonymat et en dehors de son œuvre, on ne connaît pas grand-chose de lui. Ce que l'on sait, c'est qu'il est encore étudiant en école d'art lorsque ce passionné du pixel colle sa première mosaïque sur un mur à Paris en 1996. C'est à partir de cette date, qu'Invader débute son "invasion". Sa première œuvre représente un petit extra-terrestre, un space invader, un personnage tout droit sorti du célèbre jeu vidéo du même nom. Créé par la société japonaise Taito, ce jeu a fait fureur dans les salles d'arcades au début des années 80. Il a marqué l'histoire du jeu-vidéo, et la jeunesse de l'artiste.

En 2019, l'artiste recense sur son site officiel pas loin de 3 800 œuvres installées sur les murs de près de 80 villes. Il a exploré à peu près tous les continents et il a même installé une de ses œuvres au fond des océans et une autre en orbite, sur la station spatiale internationale. Certaines ont disparu, d'autres ont été recouvertes, détruites, retirées, détériorées, vandalisées et même certaines volées pour être revendues à prix d'or sur le marché de l'art. La majorité restent tout de même encore visibles de-ci, de-là et c'est à Paris que l'on peut en voir le plus, pas loin de 1 300.

Ce qu'il faut savoir, c'est que l'invasion ne se fait pas n'importe comment et n'importe où. C'est un processus complexe et bien rodé. Depuis son atelier, qu'il a baptisé L'Unité Centrale, l'artiste prépare en secret les prochaines mosaïques qu'il va aller coller dans la rue. La majorité du temps, il le fait en pleine nuit, pour plus de discrétion. Une fois placée dans l'espace urbain, chaque œuvre est géolocalisée et référencée sur une application mobile intitulée « Flash Invader ». Une fois installée sur son téléphone, cette application permet aux fans de gagner des points en prenant en photo les œuvres qu'ils croisent sur leur chemin. Elle compte aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers de joueurs. Si on regarde bien, Invader est un visionnaire. Il a mis en place, quelques années auparavant, un jeu de piste grandeur nature qui ressemble fort, dans un autre registre, au phénomène Pokemon Go.

Le travail d'Invader se base exclusivement sur l'utilisation de petits carrés de mosaïques, qu'il utilise comme des pixels pour composer des images simples, lisibles et colorées. Si les petits extra-terrestres constituent la majorité de sa production, il réalise également d'autres types de sujets. Selon ses projets, l'actualité du moment, le pays où il se trouve ou encore le message qu'il souhaite transmettre, il convoque des personnages et des icônes issus du monde du jeu vidéo, de la bande dessinée, de l'animation et plus largement de la culture geek et pop.

Il peut aussi parfois s'engager et défendre une cause. Le dernier exemple en date est la série de mosaïques installées l'an dernier dans le quartier végétarien de Paris, Veggie Town, pour militer en faveur des régimes vegans, dont l'artiste est adepte. Invader n'installe pas ses œuvres n'importe où et il ne manque pas une occasion pour glisser un clin d'œil humoristique. On peut par exemple voir un des frères Rapetou installé au-dessus d'une enseigne bancaire avec un gros sac de billets posé sur son épaule, ou encore un esquimau parachuté non loin d'un magasin de surgelés. Ses interventions sont souvent le fruit de repérages minutieux. L'objectif étant de trouver le lieu idéal pour faire sourire les passants, les interpeller ou les faire réfléchir.

Graphiquement, cette approche assez simpliste et formelle du dessin est accessible dès la maternelle et peut-être exploitée jusqu'au cycle 3.  Il est assez simple de faire produire aux enfants des images en pixels, en variant au cours des cycles les supports, les outils, l'accompagnement et la complexité des images. Le pixel fait partie de leur culture, celle des écrans, du dessin animé et du jeu-vidéo. Ils s'engageront avec beaucoup d'enthousiasme dans les activités que vous pourrez leur proposer et pourquoi ne pas leur proposer à leur tour d'envahir l'espace… de l'école ou du quartier ?

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