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Position des élèves, réglage de la lumière, périodes de repos… Différentes mesures permettent de préserver la vue des enfants en classe. Certains indices aident aussi les enseignants à repérer les problèmes d’acuité visuelle chez les élèves.

Les chiffres sont tenaces. "Entre 6 et 12 ans, une école comporte environ 6% d'enfants hypermétropes (vision difficile de près), 13% d'enfants myopes (difficulté à voir des objets distants) et 15% d'enfants souffrant d'astigmatisme (vision floue) seule ou associée avec les déficits visuels précédents. Au total, un élève sur quatre en classe de primaire présente un trouble visuel", note Véronique Morin, opticienne et orthoptiste, responsable formation à l'AsnaV (Association nationale pour l'amélioration de la Vue).

Tables perpendiculaires à l'axe du regard

Face aux paires de lunettes qui se multiplient dans les écoles, quelle est la bonne configuration de l'espace classe ? Premier point à régler, la position de l'enfant par rapport à ce qu'il regarde. "Dans l'idéal, les rangées de tables seront parallèles au tableau", indique-t-elle. Dans les situations de classe où les élèves travaillent en îlots de quelques tables, l'objectif est que l'enseignant n'écrive pas trop au tableau.

De manière générale, si les tables ne se trouvent pas tout à fait face au tableau, la ligne à suivre est qu'elles soient perpendiculaires à l'axe du regard de l'enfant. "Si le tableau est allumé, je conseille que le reste de la classe le soit aussi car le système visuel humain a horreur des contrastes. Le tableau ne doit pas intervenir comme éblouissement ou contrejour, qui est fort mauvais", poursuit la spécialiste de la vision. Elle ajoute que les enseignants n'hésitent pas à régler les rideaux et les volets pour diminuer la pénétration du soleil dans la classe, quitte à plonger un peu la salle dans l'ombre. Encore une fois, c'est le contraste qui est gênant pour les yeux.

Où placer les enfants avec lunettes ?

Autre question courante des professeurs : où placer les enfants ayant déjà des lunettes ? "Ils peuvent s'asseoir devant le tableau, un peu plus en arrière ou de côté, en fait comme les élèves qui n'ont pas de difficulté visuelle", ajoute-t-elle. Point sur lequel elle insiste, les enseignants doivent veiller à être attentif aux enfants qui ont déjà été dépistés à l'école et qui sont en attente d'un rendez-vous ophtalmologique. "Je conseille aux professeurs de placer ces élèves devant le tableau, à une distance suffisamment proche pour qu'ils puissent lire sans problème ce qui est écrit, le temps qu'ils aient des lunettes".

Lunettes de travail

Quant aux lunettes de repos, Véronique Morin ne veut pas entendre parler de cette expression, utilisée à mauvais escient. "Les lunettes de repos, cela n'existe pas, s'exclame-t-elle. Nous parlons de lunettes de travail, c'est-à-dire de lunettes conçues pour mettre le système visuel de l'enfant au repos quand il travaille, afin qu'il ne se fatigue pas davantage. L'intérêt de l'enfant est donc qu'il porte en permanence ses lunettes quand l'œil est en vision de proximité, à moins de trois mètres de son objet, que ce soit sur un cahier, un livre ou un écran." Les lunettes de travail sont aussi à porter dans la cour pour jouer avec les copains.

Les écrans à distance

Les principes sont les mêmes que pour les écrans à la maison (voir article). Les règles à respecter sont la distance par rapport aux yeux (une diagonale et demie de l'écran), le temps de pause à respecter (au minimum 5 minutes par heure de travail) et une installation de l'écran perpendiculaire aux fenêtres afin de bénéficier d'une lumière indirecte qui évite les reflets.

Les astuces pour reposer les yeux

Le système visuel est ainsi constitué qu'il est au repos lorsqu'il observe à plus de trois mètres. Des séances de travail de lecture ou d'écriture de près, durant une heure, doivent donc alterner avec un regard qui fixe un objet plus lointain. "L'enseignant peut interpeler à intervalles réguliers les élèves pour qu'ils lèvent les yeux de leur feuille et regardent le tableau, ce qui va détendre leurs muscles oculaires", note Véronique Morin.

L'opticienne conseille d'appliquer la règle des 20-20-20, simple à faire apprendre aux élèves : "Au bout de 20 minutes de travail de près, l'enfant détend ses yeux pendant 20 secondes en regardant à plus de 20 pieds (cinq mètres environ)".

Le professeur peut aussi pratiquer des petits exercices de relaxation en classe, très courtes, pas plus de deux à trois minutes. "Les élèves relâchent les muscles de leurs yeux en levant la tête, en regardant à gauche, à droite puis en maintenant la tête fixe. Ils peuvent ensuite faire des cercles avec leur tête puis avec leurs yeux, fermer les yeux pendant une dizaine de secondes pour détendre leur système visuel, ouvrir les yeux et cligner une dizaine de fois pour bien les humecter". Elle conseille de pratiquer ces séances en fin de matinée et en fin d'après-midi avant de quitter la classe.

Les indices à surveiller

Les plus petits d'école maternelle ne se rendent généralement pas compte qu'ils ont un défaut visuel ou qu'ils voient flou. Ce sera donc aux professeurs d'être attentifs à certains comportements comme des yeux rouges, qui pleurent ou qui piquent.

"Pour les enfants plus grands, un élève qui a le nez collé sur son cahier ou qui est très penché pour écrire ou lire peut être le signe d'un problème visuel", commente Muriel Dehay, infirmière conseillère technique à l'Académie de Lille. Un enfant qui penche la tête sur l'épaule en vous regardant peut être atteint d'astigmatisme de même que la confusion entre le "8" et le "0", ou le fait de percevoir un cercle comme un ovale".

Et les erreurs de copie, les fautes d'inattention quand il s'agit de recopier ce qui est écrit au tableau peuvent être le signe d'une myopie… ou d'une fatigue. "Des mots de tête, des difficultés de concentration ou une agitation particulière en fin de journée peuvent relever d'un problème visuel ou bien d'un autre type de problème mais la première chose à faire est de vérifier que l'enfant voit bien", ajoute Muriel Dehay.

L'enseignant peut alors solliciter l'infirmier(e) du collège le plus proche qui a la responsabilité des écoles primaires de son périmètre et demander un dépistage qui sera fait par un infirmier de l'Éducation nationale. Celui-ci s'assurera ensuite que le suivi est bien effectué par la famille.

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