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Analyse thématique, La salle des profs Nathan, Vous aussi, dites 'Non au harcèlement scolaire' !

© soupstock / AdobeStock

Lorsque vous étiez élève, vous y avez peut-être été confronté vous-même, en tant que victime ou bien "bourreau". Peut-être avez-vous été spectateur de faits mais vous n’avez osé rien dire de peur d’être, à votre tour, chahuté… Le harcèlement scolaire existe depuis bien trop longtemps et il est temps que cela s’arrête.

En 2013, le MEN a clairement soulevé la question du harcèlement scolaire par diverses actions auprès des établissements scolaires dont notamment la création du prix "Non au harcèlement". Le 9 novembre est la date retenue comme journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. À cette occasion, clips et affiches sont diffusés et nous sommes invités, en tant qu'enseignant, à mener des actions de sensibilisation auprès de nos élèves. Chacun peut donc agir et tenter ainsi de faire changer les choses. Stop au harcèlement scolaire !

Qu'est-ce que le harcèlement ?

Commençons par donner une définition du terme "harcèlement"… Le harcèlement, cela peut aussi bien être une violence physique (des coups, des bousculades), une violence verbale (des insultes, des messages injurieux) et/ou une violence psychologique (des menaces) qui est exercée par une ou plusieurs personnes sur une victime. Généralement, cela se produit devant plusieurs spectateurs qui assistent à la scène et trouvent cela drôle ou n'osent rien dire. Quand ces violences se répètent on parle de harcèlement.

En France, 1 élève sur 10 en est victime. Les faits se produisent plus souvent en fin d'école primaire et au collège. En général, discrimination et harcèlement vont de paire et les personnes sont visées parce qu'elles paraissent différentes. Les victimes sont "attaquées" sur leur apparence physique, leur sexe, leur handicap, leur appartenance à un groupe social particulier ou des centres d'intérêts différents (par exemple : "minus", "petite", "girafe"). La plupart du temps la victime ne dit rien car elle a honte ou elle a peur des représailles. Or, plus elle se tait, plus le harcèlement empire.

Pour autant, il ne faut pas se taire, pas se laisser faire. Nul besoin de chercher à se venger car la loi punit les coupables.

Article 222-33-2-2 du code pénal :

"Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n'ont entraîné aucune incapacité de travail.

Les faits mentionnés au premier alinéa sont punis de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende :

  1. Lorsqu'ils ont causé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours ;
  2. Lorsqu'ils ont été commis sur un mineur de quinze ans ;
  3. Lorsqu'ils ont été commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de leur auteur ;
  4. Lorsqu'ils ont été commis par l'utilisation d'un service de communication au public en ligne.

Les faits mentionnés au premier alinéa sont punis de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende lorsqu'ils sont commis dans deux des circonstances mentionnées aux points 1 à 4."

Comment repérer une situation de harcèlement ?

Face à des situations de harcèlement présumées ou à des enfants perçus comme isolés, nous sommes parfois désemparés et démunis : comment savoir s'il s'agit de harcèlement ? Comment se rendre compte de la situation réelle de l'enfant ?

Pour cela, le MEN a mis au point et diffuse un "protocole de traitement dans les écoles". Dans ce document, il est proposé une grille qui permet de recenser les "signaux faibles" que l'on peut observer dans les situations de harcèlement. Ces signaux sont observés par plusieurs membres de l'équipe éducative (enseignants, famille, personnel périscolaire…) et les regards croisés permettant d'aboutir à un premier diagnostic.

Durant une période de harcèlement, l'élève présente en général des troubles anxieux. Ce sont donc souvent les parents qui perçoivent les premiers signes : troubles du sommeil, irritabilité, agitation, colères, susceptibilité, mais aussi somatisations anxieuses (par exemple, des maux de ventre). En classe, on observera parfois une baisse des résultats scolaires et des troubles du comportement : agitation, colères, attitude provocante (les autres élèves viennent toujours se plaindre de la victime qui les embête) ou au contraire isolement, repli sur soi.

Les signaux mis en avant dans la grille n'ont pas besoin d'être tous réunis pour que le harcèlement soit constitué. Nous devons aussi rester vigilants car certains signaux peuvent renvoyer à d'autres types de violences (violences sexuelles, maltraitance, difficultés familiales liées à une séparation, etc) que nous rencontrons malheureusement et qui donneront lieu à l'activation d'autres protocoles (signalement, information préoccupante). Il est important que l'adulte qui remarque ces signaux soit conscient que le harcèlement est l'un des risques à envisager.

Dans tous les cas, l'école, en collaboration étroite avec les familles, doit trouver des solutions éducatives adaptées pour que chaque élève puisse être en sécurité l'école. "Contribuer à assurer le bien-être, la sécurité et la sûreté des élèves, à prévenir et à gérer les violences scolaires... est une des missions des professionnels de l'éducation (cf. arrêté du 1er juillet 2013 - référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l'éducation).

Comment agir ? Que faire face une situation de harcèlement à l'école ? 

Figure 1: extrait du protocole de traitement (MEN)

Sensibiliser et prévenir

Mener des actions de prévention, de sensibilisation dans les classes, dès l'école primaire est un premier pas important dans la lutte contre le harcèlement. Faire savoir aux élèves que subir de tels actes n'est pas normal, que ce n'est pas anodin. Ces actions "faites pour rire" comme se défendront certains risquent d'avoir des retentissements importants sur la vie de leurs victimes. Il faut que chacun prenne conscience que certaines actions peuvent être blessantes et il vaut alors mieux prévenir que guérir comme le dit l'adage.

Le MEN a élaboré des guides pour le 1er degré (mais pas uniquement) ainsi que des outils de sensibilisation. Ces différents supports sont des moyens de permettre aux élèves d'oser en parler, de comprendre que victime ou spectateur, pour faire cesser ces actions, la meilleure solution est de ne pas s'isoler, de ne pas se taire et laisser faire. En tant que professionnel, nous pouvons aussi solliciter notre Inspecteur qui saura nous orienter vers un conseiller pédagogique référent ou un autre enseignant qui tient ce rôle au sein de la circonscription et/ou du département. Au sein de la classe, l'organisation de débats à partir de supports vidéos ou affiches, tel que cela est proposé dans le guide précédemment cité, parait être une entrée pertinente pour aborder le sujet. Et puis, peut-être cela donnera-t-il envie à vos élèves de se mobiliser eux aussi pour lutter contre le harcèlement et pourquoi pas de participer au prix Non au harcèlement

Traiter la situation

Lorsque l'élève se confie à un adulte, celui-ci doit écouter et orienter l'élève vers le/la directeur/trice afin que la situation soit traitée. Dans le protocole proposé par le ministère, l'annexe 3 permet d'aborder la façon de "Mener un entretien avec un élève victime de violence". Les conseils donnés dans ce document sont précieux. En effet, il n'est pas évident de savoir accueillir la parole de l'enfant tout en le rassurant, en n'étant pas trop intrusif mais en obtenant tous les éléments qui permettront de traiter la situation et de pouvoir agir par la suite. Il faudra pouvoir montrer son soutien et faire comprendre à la victime qu'elle ne sera désormais plus seule face à cette situation.

Parfois, il peut arriver que la situation soit trop complexe pour être traitée par l'école. C'est alors que les directeurs d'école peuvent prendre attache avec le référent harcèlement départemental sous couvert de leur Inspecteur de l'éducation nationale. Pour en savoir plus, consulter la rubrique "Que Faire ? Qui contacter ?" sur le site du MEN

Des données à garder en mémoire et à communiquer :

Un numéro gratuit : 3020


Article rédigé par Aurélie Moriceau