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Le prix Jean Renoir en lycée : le cinéma en débat(s) - Lire au CDI

Par Sabine Herquin , professeure de Lettres et Amélie Rouveron, professeure documentaliste et membre de l’A.P.D.E.N. Le prix Jean Renoir des lycéens offre l’opportunité à des lycéens de visionner en salle de cinéma sept films français et étrangers en exploitation pendant l’année scolaire, puis de participer au jury qui récompense le film de l’année. Ce projet collectif d’éducation à l’image permet aux élèves de découvrir des œuvres contemporaines et d’aiguiser leur regard critique en le confrontant à celui de leurs pairs. C’est donc tout naturellement qu’une professeure de français et deux professeures documentalistes ont engagé une classe de 2de dans l’aventure. Le sens de la critique De septembre à mai, les films sélectionnés sont projetés dans des salles partenaires de l’établissement scolaire. La rédaction de critiques sur ces films est l’occasion d’« approfondir et exercer le jugement et l’esprit critique des élèves, de les rendre capables de développer une réflexion personnelle et une argumentation convaincante, à l’écrit comme à l’oral, mais aussi d’analyser les stratégies argumentatives des discours lus ou entendus » (BO). Le projet, dans son ensemble, favorise l’acquisition de compétences écrites essentielles au lycée grâce à la rédaction régulière de critiques, exercice qui requiert des capacités d’analyse et d’argumentation. En outre, les élèves apprennent à structurer une pensée, à construire un devoir, à développer une pensée, à analyser images et construction d’un récit, à lier arguments et exemples, à peser le pour et le contre (apprentissage du plan dialectique, à la base de la dissertation et de l’essai), à utiliser des connecteurs logiques et à rédiger des paragraphes argumentatifs. Des compétences orales sont aussi travaillées puisque chaque film est suivi de débats en classe. Les élèves défendent leur point de vue, écoutent ceux des autres, réagissent à ce qui est dit. Ils saisissent l’importance de présenter des arguments, d’étoffer leurs raisonnements, d’avancer des exemples à l’appui de leurs idées. Ils prennent confiance en eux à l’oral et dans l’exercice de la prise de parole, se préparant ainsi à l’oral du Bac de français (notamment à la deuxième partie où ils devront présenter un livre lu dans l’année et défendre leur choix, analyser l’ouvrage en question, en dégager l’intérêt) et au Grand oral. La communication autour de la sélection En amont des visionnages des films, les professeures documentalistes encadrent les élèves dans leurs recherches d’informations sur, par exemple, le thème du film, sur des éléments biographiques du réalisateur, sur les métiers du cinéma, etc. Le site Eduscol propose un grand nombre de ressources pour chacun des films de la sélection. Ces travaux de groupe permettent aux élèves de collaborer et de travailler en équipe. Ils donnent l’occasion aux professeures documentalistes de cibler comme compétences info-documentaires la sélection et l’organisation de l’information. Les résultats des recherches des élèves peuvent faire l’objet d’une présentation orale afin de travailler sur la communication de l’information. Au fur et à mesure des projections de films, les élèves renseignent un carnet de bord avec leurs impressions sur le film (photographies, images, citations, passages, mots-clés, références à d’autres oeuvres, articles de presse) et leurs critiques. Ce carnet de bord répond aux objectifs « Argumenter, analyser, développer un point de vue » du parcours citoyen et de l’EMI (Éducation aux Médias et là l’Information). Les élèves ont également pour consigne de promouvoir le prix et de présenter les films auprès de la communauté éducative. Deux possibilités leur sont présentées : la réalisation d’affiches ou la production de podcasts. Dans les deux cas, il leur est demandé de réutiliser les éléments du carnet de lecture. Les professeures documentalistes engagent avec les élèves une réflexion sur l’organisation de l’information en fonction du support choisi. Ces activités donneront également l’occasion aux professeures documentalistes d’aborder la notion de droit de l’information, relative à la publication et diffusion de leur travail. En effet, les affiches sont exposées au CDI et les podcasts mis en ligne sur le portail du CDI ou sur le site web de l’établissement. Les sept films de la sélection 2021-2022 – La Traversée , Florence Miailhe – Eugénie Grandet , Marc Dugain – Haut et fort , Nabil Ayouch – Le Diable n’existe pas , Mohammad Rasoulof – Ouistreham , Emmanuel Carrère – Robuste , Constance Meyer – À plein temps , Éric Gravel En juin, chaque classe envoie deux délégués qui participent à des rencontres autour de chacun des films de la sélection. Ces élus sont chargés de défendre le choix de leur classe. En juin 2022, c’est Le Diable n’existe pas de Mohammad Rasoulov qui a remporté le prix. D’autre part, des journalistes attribuent des récompenses à des productions d’élèves dans le cadre des prix de la Critique. Le prix Jean Renoir 2023 Les candidatures se font en juin et sont désormais closes. Toutefois, comme la sélection se fait en fonction des sorties en salle des films, les professeurs peuvent disposer des ressources pédagogiques à mesure qu’elles seront publiés. Pour en savoir plus : Voir le site Notion info-documentaire : production documentaire Concerne la mise en forme d’une information sur un support. Fait suite à une analyse documentaire et à une évaluation de l’information. Suppose le suivi d’un processus de production et une réflexion sur l’organisation de l’information.

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Fiche élève

La subordonnée relative

En complément de la séquence sur Gargantua , la fiche sur les propositions subordonnées relatives propose un grand nombre d'exercices à partir d'extrait du roman de Rabelais.

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Fiche élève

L'humanité des esclaves

En latin, ce parcours qui associe l'étude d'un extrait d'une satire du poète Horace et un texte du philosophe Nicolas de Condorcet permet de saisir la réalité complexe de l'esclavage dans le monde antique.

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Cap sur les EAF 2023

Les œuvres imposées occupent l’essentiel de l’année de 1 re . Depuis la réforme de 2019, la NRP propose des séquences pour aider les professeurs à construire leurs progressions. Comme les textes sont souvent exigeants, les articles mettent l’accent sur des activités pour entrer dans les œuvres et poursuivre leur lecture. Les séances contiennent les éléments utiles pour préparer les élèves à l’examen, mais aussi pour susciter leur intérêt, pour leur montrer quelles résonances ces livres peuvent avoir dans le monde d’aujourd’hui. Au fil des parutions, la plupart des œuvres au programme sont traitées dans la revue. La NRP a consacré des articles à toutes les œuvres en poésie et en théâtre. En littérature d’idées, La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne a fait l’objet d’une séquence en septembre 2021,  le numéro de mai 2022 contient plusieurs propositions sur Les Caractères et vous aurez rendez-vous avec Gargantua dans la revue de septembre 2022. Le renouvellement des œuvres concerne cette année le roman. Une séquence sur les récits de Colette paraîtra en décembre, une autre sur Manon Lescaut en mars, et celle sur La Peau de Chagrin en mai. Cliquez sur les titres pour télécharger les séquences Poésie de Hugo à Apollinaire Victor Hugo, Les Contemplations Baudelaire,  Tableaux parisiens Apollinaire, Alcools Théâtre de Molière à Lagarce Molière, Le Malade Imaginaire Marivaux, Les Fausses confidences Lagarce, Juste la fin du monde Littérature d'idées, de Rabelais à Olympe de Gouge La Bruyère, Les Caractères Olympe de Gouge  

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Séquence pédagogique

La Bruyère, Tout est dit...depuis, commentaire au BAC

« Arrias » est un des textes les plus connus de La Bruyère. Il sert ici de support à la rédaction d'un commentaire, préparé à l'aide de lectures, de ressources culturelles et de plusieurs écrits d'invention.

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Fiche élève

Les subordonnées circonstancielles dans Les Caractères de la Bruyère

L'étude de la langue est un passage obligé pour entrer dans l'écriture des Caractères . Les propositions subordonnées circonstancielles sont ici analysées dans des extraits de l'œuvre de La Bruyère.

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Fiche élève

Le culte impérial

L'étude d'extraits de La Vie de César et de L a Vie d'Auguste de l'historien Suétone sont rapprochés du texte de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien, et du tableau de Guillaume Cabasson L'Apothéose de Napoléon III .

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Jouez avec Molière !

La NRP de mars sur « L'illustre Molière »   est paru. À  cette occasion, voici une grille de mots croisés conçue par nos auteurs, pour vous et pour vos élèves.  

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Vitali Konstantinov, La grande histoire de l’écriture, de l’écriture cunéiforme aux émojis

Par Camille Lacour Les métamorphoses de l’écriture Des symboles cunéiformes, créés dans un système de logogrammes, jusqu’aux irremplaçables émojis de nos smartphones, l’écriture a connu d’innombrables formes et évolutions au cours du temps. Avec beaucoup d’humour, La Grande Histoire de l’écriture , album jeunesse écrit et illustré par Vitali Konstantinov, présente les traits que les caractères, l’alphabet et les encodages ont revêtus depuis la Préhistoire. L’album se découpe en trois parties. La première reprend les bases de l’écriture, dévoilant l’alphabet phonétique international (API), cette description des sons présents dans toutes les langues. La seconde partie dévoile toutes les écritures que les peuples ont su élaborer, en commençant par l’écriture cunéiforme, née à Sumer (l’actuel Irak), qui se répandit parmi les peuples voisins tout en s’adaptant à des dialectes différents. Enfin, la dernière partie s’intéresse aux alphabets proches du nôtre, mais aussi aux univers de Tolkien et de Star Trek , mondes dans lesquels sont imaginées des nouvelles langues pleines de surprises. À travers cet album, Vital Konstantinov offre un réel plaisir aux amoureux des Lettres. Tantôt drôle, tantôt instructif, il retrace de façon chronologique l’histoire de l’écriture selon les époques, les lieux et les cultures. Les illustrations donnent une certaine dynamique au texte, lui apportant ce côté ludique et attrayant qui aideront les plus jeunes à retenir les informations plus facilement. Il pourra, peut-être aussi, nous redonner goût au glissement de la pointe du stylo-plume à la surface du papier blanc… Vitali Konstantinov, La grande histoire de l’écriture, de l’écriture cunéiforme aux émojis , Éditions La joie de lire, 80 pages, 24,90 €  

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Article de presse

Molière, George Dandin

George Dandin, un riche paysan désireux d'intégrer la société aristocratique, épouse Angélique de Sotenville, une jeune fille noble mais assez peu docile. Comédie sociale et assez noire, cette courte pièce qui traite d'un mari bafoué évoque également la condition des femmes.

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Séquence pédagogique

Molière, Le Malade imaginaire

Le Malade imaginaire est une œuvre bilan, où Molière concentre ses thèmes favoris - la maladie et les médecins, le mariage, l'argent, la folie, le pouvoir des pères - au sein d'une comédie-ballet désopilante. La pièce est traitée dans le cadre du parcours « Spectacle et comédie ».

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Corrigés

L'interrogation

Dans l'optique de l'oral du Bac, cette fiche propose une série d'exercices sur le thème de l'interrogation à partir d'exemples extraits du Malade imaginaire de Molière.

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Fiche élève

La seconde mort d'Eurydice

Quand Orphée se retourne pour voir Eurydice, elle meurt une seconde fois. Les vers des Georgiques trouvent un écho dans un extrait du roman de Claudio Magris Vous comprendrez donc, et un tableau de Stanhope.

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Sélection culturelle

Illusions perdues de Xavier Giannoli, une adaptation au service de l’étude du roman

Il fallait un sacré culot pour adapter au cinéma le texte dont Marcel Proust disait qu’il était le plus grand roman de Balzac. Si les illusions demeurent définitivement perdues, le pari de Xavier Giannolli, lui, est des plus réussis. Miroir d’un temps où abondaient les fausses rumeurs propagées par les « canards », Illusions perdues apparaît aussi, par analogie, celui de notre époque où abondent les fake news . Deux chemins vers la réussite sociale Poursuivant l’entreprise d’Honoré de Balzac, Xavier Giannoli met en scène la transformation d’un caractère trop innocent pour être absolument honnête. Si Lucien Chardon, apprenti-imprimeur d’Angoulême, apparaît effectivement au départ comme un poète idéaliste, sa montée « à la capitale » ne tarde pas à balayer ses scrupules. Les élèves, dès le visionnage de la bande-annonce, seront d’ailleurs sensibles aux transformations physionomiques du personnage, entre la situation initiale où il dédie son recueil de poèmes à sa noble protectrice, Madame de Bargeton, et le cœur de l’action où Lucien de Rubempré pense avoir définitivement conquis le Tout-Paris de la Restauration. Dans le roman, le héros de Balzac est immédiatement confronté à un dilemme : choisir entre « le Cénacle » et le Journalisme, ou si l’on préfère, entre l’anonymat et le renom. Le film amplifie ce ressort dramatique en soulignant les tiraillements du héros, amant « romantique » d’une jeune et belle comédienne (Coralie) et – en même temps – billettiste sans foi ni loi. La tentation de l’argent et du vice Pour faire son trou dans le petit monde des lettres, il faut moins du génie que des relations. Au contact d’Étienne Lousteau, rédacteur en chef d’un des nombreux « canards » chargés de faire la pluie et le beau temps sur les sorties théâtrales et les livres fraîchement édités, Lucien va devoir faire le deuil de ses belles illusions. La représentation cinématographique d’une presse d’autant plus florissante qu’elle est sans déontologie permettra aux élèves de 2 de de faire le lien entre deux parties du programme, le roman et la presse. Aux heures fastes du « boulevard du Crime », où se croisent prostituées, écrivains et journalistes, pour qu’un livre soit acheté en nombre, pour qu’une pièce fasse salle comble, tout dépend de la capacité des « canards » à provoquer la « claque », autrement dit, à faire le « buzz ». Guidés par l’appât du gain, ces derniers se rangent prioritairement du côté du directeur de théâtre ou de l’éditeur le plus offrant. Dans le roman qui sert de trame scénaristique à l’adaptation cinématographique, Balzac s’était plu à décrire cette société faussement lettrée qui a fait du paraître son maître-mot. Or l’auteur lui-même, pour Illusions perdues notamment, a été « descendu » par quelques plumes acérées dont celle de Jules Janin qui dans Le Corsaire (journal où écrit Lucien) persifflait : «  Ce livre, dans lequel on n’entre que comme dans un égout […]  ». Une chute brutale et cruelle Tout rapprochement de ce théâtre des vanités avec les mœurs de la cour versaillaise dans Ridicule (1996) de Patrice Leconte ne serait dès lors nullement fortuite, pas moins que l’affairisme journalistique épinglé dans Bel-Ami (1885) de Maupassant. D’abord, « plume » dans un journal « libéral », Lucien se fait acheter par un journal « royaliste ». Opportuniste par esprit de revanche, Lucien fait le pari risqué d’être des deux bords à la fois, se mettre du côté du Roi pouvant lui permettre de récupérer la particule de sa mère : « De Rubempré ». Un film pour disserter et s’enrichir culturellement En regard avec le roman dont il s’inspire, le film peut permettre d’engager la problématique de dissertation suivante centrée la personnalité du héros : « Dans quelle mesure Lucien, tel qu’il apparaît dans le roman et dans le film, peut-il être caractérisé comme un personnage paradoxal, tiraillé entre sonmoi profond et son moi social ?  » Outre ses qualités cinématographiques propres, le film de Xavier Giannoli met en scène tous les genres littéraires : poésie, roman, théâtre (Coralie jouant par exemple la Bérénice de Racine) et textes d’idées, à travers le thème omniprésent de la presse. De plus, du point de vue de la réception des élèves, le jeune âge du personnage principal et de sa compagne ne peuvent que renforcer une forme de lecture mimétique. La confrontation du roman donnera ainsi lieu à une séquence qu’on pourra intituler « Des Marguerites aux canards déchaînés ». Les trois premiers titres retenus ici sont repris du chapitre 10, « Parcours initiatiques », proposé dans le manuel Nathan 2 de , Horizons pluriels , qui étudie cinq extraits de la deuxième partie d’ Illusions perdues , p.241-246.

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Séquence pédagogique

Florence Aubenas, Le Quai de Ouistreham

La lecture du Quai de Ouistreham justifie naturellement la constitution d’un carnet de lecture, où les élèves seront invités à consigner leurs réflexions, leur questionnement voire leurs émotions.

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Groundhog Day: What's the Weather Like?

Will it be a long, cold winter, or will spring come early? On February 2, in Pennsylvania, an animal gives its prediction.

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Sélection culturelle

Chronique littéraire : Georges Forestier, Molière

Par Edith Wolf Molière, de la fin d’une légende à l’histoire d’une œuvre La vie de Molière telle qu’on la raconte est, pour l’essentiel, une « vie imaginaire » à la Marcel Schwob. L’origine de cette légende est le récit publié en 1705 par Grimarest sous le titre Vie de M. de Molière , texte qui fit autorité d’autant plus facilement qu’il ne reste aucun document autographe du dramaturge. Or Grimarest fut critiqué dès la parution de son livre, et Boileau, par exemple, estime qu’il « se trompe sur tout ». La biographie de Georges Forestier se propose de mettre à mal cette tradition légendaire et de lui substituer, non un récit de la vie privée de l’homme Molière, mais une restitution de l’univers social, politique, philosophique et esthétique dans lequel il a produit son œuvre et incarné ses personnages. On voit ainsi mis à mal des clichés comme l’hostilité du père à la vocation de son fils, les démêlés conjugaux qui expliqueraient l’omniprésence du thème du cocuage, les ennuis de santé où l’on verrait l’origine de la satire des médecins. En rappelant que la source de sujets comme le cocuage ou la médecine est à chercher dans une tradition populaire héritée du Moyen Âge qui était revenue fort à la mode, en montrant le lien entre l’attitude du roi envers Tartuffe et l’histoire de ses relations avec les Jansénistes et les autorités ecclésiastiques, Georges Forestier permet au lecteur de comprendre les enjeux intellectuels et politiques du théâtre de Molière. Mais il montre surtout l’extraordinaire capacité du dramaturge à se nourrir de tout ce qu’il découvre aussi bien dans le répertoire des Italiens et dans les pièces espagnoles à la mode que dans les sources antiques ou le jeu des acteurs de farces. On voit ainsi surgir, à la place du malade persécuté et cocu, un homme solide, riche et aimé, célèbre dans toute l’Europe, au fait des codes galants et constamment soutenu par le roi malgré son adhésion probable à un scepticisme fondamental. L’univers ainsi restitué est passionnant et, si l’on peut s’interroger sur la certitude affirmée de Georges Forestier quant à la « normalité heureuse » de la vie privée de Molière, on trouve dans son ouvrage de précieux éclairages sur l’œuvre de l’auteur. Georges Forestier, Molière, Gallimard, 544 pages, 24 €

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Séquence pédagogique

Molière, L'École des femmes

C’est une pièce dans laquelle on rit autant que l’on songe et dont on sort, finalement, plus grave qu’hilare. Notre étude se développe donc autour de la problématique d’une forme de comédie qui flirte avec le tragique.

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