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Demandez le programme 2023-2024 !

N° 104 – Septembre 2023 Les Forêts L’étude du recueil poétique d’Hélène Dorion, Mes Forêts , est l’occasion d’aborder la forêt comme un motif littéraire, avec également ses enjeux politiques dans la littérature contemporaine. N° 105 – Décembre 2023 Formes et contraintes en poésie Ce numéro sera l’occasion de travailler sur la grande variété des formes poétiques, à la fois musicales et ludiques, au Moyen Âge et à la Renaissance. En 1 re , à l’autre extrémité de l’histoire de la littérature, on s’interrogera à travers l’œuvre de Ponge sur ce que les poètes font, aujourd’hui, de la liberté formelle qu’ils se sont donnée. N° 106 – Mars 2024 « Études de mœurs » Avec en 1 re l’étude du roman épistolaire de Balzac, Mémoires de deux jeunes mariées , et la lecture en 2 de du roman de Karine Tuil, Les Choses humaines , ce numéro traite des comportements et sentiments humains au regard des normes sociales et des lois. N° 107 - Mai 2024 Littérature de jeunesse Il est toujours passionnant de lire ce que les écrivains disent de leur enfance. En 2 de , on fera lire une autobiographie, et une séquence 1 re viendra compléter le hors-série existant sur Cahiers de Douai de Rimbaud, en mettant l’accent sur les épreuves du bac. Pour vous abonner, rendez-vous sur le site rubrique  Abonnement . -->

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À Elbeuf, la lecture au cœur du projet pédagogique

Par Claire Beilin-Bourgeois, avec Véronique Vieux, professeure de Lettres modernes, organisatrice du salon Plumes en Seine Lovée dans un méandre de La Seine, Elbeuf est une ancienne cité drapière dont le nom affleure dans les récits de Maupassant et de Flaubert. La ville abrite le collège-lycée Fénelon, qui organise depuis 2019 un projet audacieux autour de la lecture. Chaque année à l’automne, il se concrétise par un événement original : le salon Plumes en Seine, le seul de ce type, organisé entièrement en milieu scolaire. Les classes Évasion-lecture La classe lecture se déroule sur un cycle de 2 ans (6 e /5 e ) que l’élève s’engage avec ses parents à suivre jusqu’au bout. Elle implique deux heures par semaine en plus de l’emploi du temps habituel. Chaque cours de Français débute par 5 minutes de lecture à haute voix. Les collègues des autres disciplines s’associent au projet en faisant alternativement des lectures en lien avec leur matière. Grâce à cette sensibilisation au plaisir que donne la lecture, le bonus de temps est consacré aux activités dans le cadre des heures « Évasion Lecture ». Verbatim « J’aime que les profs lisent au début ou à la fin du cours car cela nous fait découvrir d’autres livres » (Jalaé, 6 e ) « La classe lecture m’a apporté beaucoup de choses, j’étais très timide et là je ne le suis plus, je n’aimais pas lire et maintenant j’adore. Je ne peux pas ne pas lire de la journée. » (Imany, 6 e ) « Ce que je préfère ce sont les 5 minutes de lecture avant de commencer le cours. » (Axel, 6 e ) « En 6 e , je ne voulais pas aller en classe lecture car on avait 2 heures en plus, mais en réalité c’est bien. Ça fait un an et demi que je suis là, je ne le regrette pas. » (Renan, 5 e ) « Quand notre professeur commence le cours, la première chose que l’on fait c’est la lecture d’un livre, du coup quand on commence, on est tous, comment dire, apaisés et surtout intéressés. » (Imane, 5 e ) Lire et faire Le projet est organisé autour d’une gamme d’activités que les professeurs veulent la plus étendue possible. L’activité première est … la lecture. Ainsi, une bibliothèque de classe permet aux élèves d’emprunter les ouvrages pour les lire, autant qu’ils le souhaitent. Suivent les activités autour des lectures. Certaines entrent dans un cadre rigoureusement scolaire, comme des exposés et des ateliers d’expression orale. Par ailleurs, les élèves participent à des rencontres et des échanges avec les écrivains. La liste des activités proposées s’allonge chaque année. Elle s’étend de la création de jeux de société et de calendriers sur un livre ou un thème à l’organisation d’un running culturel autour d’Elbeuf. Verbatim « J’aime les livres et je me suis dit " cette classe est faite pour moi " Et je ne le regrette pas ! Ce que j’aime dans cette classe lecture c’est qu’il y a 2 heures d’évasion lecture par semaine, on présente des livres, on peut en emprunter, on fait des exposés sur différents thèmes et on fait des sorties scolaires. » (Tom, 6 e ) « J’adore travailler à plusieurs pour faire nos jeux et aussi travailler l’oral. » (Nina, 6 e ) « J’aime la classe lecture car c’est une classe où l’on fait toujours quelque chose, un projet est toujours en cours. » (Amina, 5 e ) « Trois auteurs cette année qui sont intervenus dans notre classe pour nous parler de leur métier. » (Célia, 5 e ) Le salon Plumes en Seine Le salon du livre Plumes en Seine se déroule en novembre au sein de l’établissement. Les enseignants à l’origine du projet, Marie-Laure Ankersmit, Pascal Lozay et Véronique Vieux, ont installé un véritable continuum entre les activités de la classe et le salon. Les élèves de la classe lecture œuvrent à sa préparation, et les auteurs qui participent au salon sont invités à intervenir dans les classes. À l’instar de tous les salons du livre, celui d’Elbeuf reçoit des écrivains, des libraires, des éditeurs, de Normandie et d’ailleurs. C’est d’ailleurs un normand, Michel Bussi, ancien élève de l’école, qui a parrainé la première édition, suivi en 2021 par Anny Duperey et en 2022 par Philippe Torreton. Verbatim « Le salon du livre nous a permis de découvrir 50 auteurs dont 1 invité d’honneur. Il y a aussi des auteurs qui interviennent dans notre classe pour nous expliquer leur métier et comment écrire un livre. » (Alban, 5 e ) « La préparation du salon du livre, s’occuper des invités : mener ce projet du début à la fin du haut de leurs 12 ans représentait une grosse responsabilité. » (Parents de Julian, 5 e ) Des enjeux au-delà de la lecture ? Au détour d’une phrase, nombreux sont les élèves qui disent que le bénéfice qu’ils retirent du projet dépasse l’accès à la lecture. Peu à peu, les échanges réguliers permettent de vaincre sa timidité, de commencer l’heure de cours plus détendus, d’acquérir une certaine aisance à l’oral. Une manière, donc, d’entretenir des relations simples entre pairs, de laisser un peu plus de place à l’imaginaire et au jeu dans la classe, ce qui n’a rien d’anecdotique. « Le projet Évasion lecture », analyse un parent d’élève, « c'est, à l'école, l'accompagnement de nos enfants dans l'exploitation de leur monde intérieur, par-delà des notions d’apprentissage pur. C’est une ouverture aux mondes, réel, imaginaire et artistique, et aux autres, car il porte en lui de nombreux échanges et interactions entre les enfants et avec les adultes. C’est presque un maintien d’un lien de parentalité… de la petite histoire du soir. »

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« Si j’étais professeur, je serais fière de ce que je ferais »

Quelques jours après l’assassinat du professeur de français Dominique Bernard, lundi 16 octobre, tous les élèves ont respecté une minute de silence en mémoire des attentats commis contre l’école. Une professeure de français de collège a demandé à ses élèves d’écrire un texte qui commence par « Si j’étais professeur ». Voici les mots d’Agathe. (Cliquez sur l'image pour l'afficher en plein écran) «  Moi, si j'étais [professeur], je ferais du français, je ferais beaucoup de rédactions, pour nettoyer et enrichir le cerveau de mes élèves. Peut-être qu'eux mêmes m' [apprendrons] des choses que je ne savais pas. Si j'étais [professeur], je serais fière de distribuer du savoir. Je serais drôle, stricte, juste... Pour montrer qu'avec des mots, on peut blesser, tuer, mais aussi soigner, [emmerveiller], ... Si j'étais [professeur], je serais heureuse de pouvoir donner l'envie d'en savoir plus à tout mes élèves. Le matin, si j'étais [professeur], je me leverais en pensant à mon travail. Je défendrais les droits des enfants qui n'en n'ont pas. Je serais fière de ce que je ferais et fière de moi... Si j'étais [professeur], ...» 

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Crime et Châtiment de Dostoïevski, adapté par H. Iwashita - Pédagogie

Par Clément Hummel, professeur de Lettres modernes Séquence réalisée en partenariat avec les éditions Kurokawa Est-il raisonnable de donner à lire et à étudier à des élèves de lycée un texte aussi vaste et aussi complexe que Crime e t Châtiment de Fiodor Dostoïevski ? Si on omet la longueur du roman pour lui préférer une lecture par extraits, celle-ci pourra dérouter des élèves aux capacités de lecture très hétérogènes, pas tant pour son style en réalité plutôt accessible, qu’en ce qui concerne la puissance conceptuelle de l’œuvre : ce roman développe des propos philosophiques complexes qui méritent un accompagnement, et un temps d’étude. L’adaptation en manga rend les idées exprimées à travers le parcours et la philosophie de Rodion Raskolnikov accessibles à des adolescents dont le regard sur le monde prend de l’ampleur et se construit à partir d’expériences personnelles comme de la fréquentation des œuvres de fiction, qu’elles soient littéraires ou cinématographiques. Cette œuvre peut ainsi trouver sa place en 2 de , en lecture cursive en 1re dans le parcours « Personnages en marge, plaisirs du romanesque » et pourquoi pas également en HLP.   Lire Dostoïevski ? Pour contourner les principales difficultés de l’œuvre – sa longueur, l’exposition de doctrines philosophiques abstraites, l’arrière- plan historique et religieux – il serait tout à fait envisageable de proposer une version abrégée de l’oeuvre à destination d’un public scolaire, expurgée de passages descriptifs dont les enjeux littéraires et culturels – la Russie à la fin de l’époque des tsars – peuvent paraître éloignés de ceux de la France du XXI e siècle. Or, il n’existe pas, pour l’heure, d’édition abrégée de Crime et Châtiment . Plusieurs fois adapté au cinéma, notamment par Georges Lampin en 1956 avec Jean Gabin et Robert Hossein, l’histoire reste accessible de façon condensée sur d’autres supports. Néanmoins, l’étude d’un film mobilise d’autres compétences de lecture et d’analyse que celles que l’on peut chercher à développer chez des lycéens, d’autant plus que l’effet de séduction de l’œuvre risque d’être mineur. Alors, de la même manière que la lecture des Misérables en 4 e se conçoit difficilement sans le recours à la version abrégée, lire Crime et Châtiment au lycée peut-il s’envisager par le biais du manga ? Évitons le débat sur la légitimité de présenter en lecture cursive ou en œuvre intégrale une œuvre « librement inspirée », pour reprendre les mots de l’éditeur, du matériau d’origine, qui plus est quand celle-ci réduit le texte littéraire pour offrir un support visuel avec ses codes spécifiques, et posons la question dans l’autre sens : que peut apporter à des lycéens la lecture de l’adaptation en manga de Crime et Châtiment , réalisée par Hiromi Iwashita 1 ? Le manga comme nouvel avatar du mythe littéraire Plutôt que de considérer l’adaptation comme une réduction ou une trahison du roman de Dostoïevski, voyons celle-ci comme une nouvelle hypothèse de lecture. Dans une lettre envoyée à Mikhaïl Katkov, fondateur du Messager russe, datée du 25 septembre 1865, Dostoïevski décrit un projet de nouvelle, annonciateur des grands thèmes de Crime et Châtiment : déjà, les ambitions de Dostoïevski étaient de présenter une œuvre dans l’immédiateté de son époque. Bien que les errances philosophiques de Raskolnikov confèrent au roman la forme de l’apologue, l’action décrit essentiellement un monde urbain en pleine transformation architecturale, politique et sociale, dont le grand paradoxe est que pour se rendre à la prestigieuse université où ont lieu les enseignements et débats d’idées tirés des Lumières, les étudiants comme Raskolnikov habitent en périphérie de la ville, dans de minuscules chambres crasseuses et misérables, et vivent dans une grande solitude. Ces deux mondes sont partagés par une frontière elle-même paradoxale, la majestueuse mais dangereuse Neva : son omniprésence à Saint-Pétersbourg est l’occasion de nombreuses inondations, mais c’est en la contemplant symbole si romantique, que Raskolnikov échafaude sa philosophie. Dans le manga, Raskolnikov a deux scènes d’épiphanie quand il la traverse. Une première fois, après avoir caché les bijoux volés, la vue de la Neva apaisée lui inspire un profond sentiment de nostalgie : « Quand j’allais à l’université, je traversais ce pont tous les jours. Revoir la majestueuse Neva me fait quelque chose. J’ai souvent eu des idées révolutionnaires ou ai réfléchi à des questions philosophiques en contemplant ce paysage, mais j’ai fini par cesser de penser. » La seconde précède sa recherche d’expiation, faisant face au fleuve déchaîné sous la pluie : « Ce que je crains le plus c’est de connaître la honte. Je ne supporte pas de voir les inégalités de la société. Je ne peux plus faire semblant de ne rien voir. […] Je voulais qu’il soit plus fort que celui de quiconque ! Mon orgueil !! » Si le passage au support graphique éloigne le narrateur dostoïevskien, la focalisation se fait sur Raskolnikov qui devient narrateur-personnage et amène plus naturellement le lecteur à comprendre sa pensée, ses actes. On échappe de cette manière au risque d’une première lecture manichéenne du récit, dans laquelle le lecteur ne pourrait moralement se ranger du côté du personnage. Cette simplification permet au contraire de nuancer la lecture et on accompagne de cette manière Raskolnikov dans sa solitude, sa misère, ses égarements, sa folie et sa recherche de rédemption. En toile de fond se trouve représentée Saint-Pétersbourg dans un style semi-réaliste dont l’architecture et l’urbanisme sont assez fidèlement reproduits, parvenant à rendre sensibles l’extrême pauvreté de certains quartiers et la beauté architecturale de la ville, qui s’industrialise au début des années 1860. Cette précision du style graphique illustre le propos de Bakhtine à propos du roman, que l’on pourrait rapprocher d’un effet de réel chez Barthes : « Le seuil, l’entrée, le couloir, le palier, l’escalier, ses marches, les portes ouvertes sur l’escalier, les porches dans les cours puis, au-delà, la ville, les places, les rues, les façades, les cabarets, les bouges, les ponts, les fossés, voilà l’espace de ce roman. En fait, on n’y trouve jamais les intérieurs qui ont oublié le seuil (salons, salles à manger, salle de fête, cabinets de travail, chambres à coucher) et où se déroulent les événements et la vie biographique dans les romans de Tourgueniev, Tolstoï, Gontcharov, etc. Nous découvrons évidemment la même organisation de l’espace dans les autres romans de Dostoïevski 2 . » Pour Maria Gal, qui travaille sur la représentation du mythe urbain de Saint-Pétersbourg chez Dostoïevski, « Crime et Châtiment, publié en 1866, est considéré comme le plus pétersbourgeois des romans dostoïevskiens, à tel point qu’il est devenu l’un des emblèmes de la ville, et a été intégré à son patrimoine culturel. Aujourd’hui, le Saint-Pétersbourg de Crime et Châtiment est valorisé, et organisé en circuits touristiques de manière à répondre à la demande du touriste-lecteur venu parfois de loin pour parcourir les itinéraires de Raskolnikov. » La description de la ville oscille sans cesse entre écriture réaliste et fantastique : réalisme car Dostoïevski y peint à la fois la physionomie de la ville et celle de la population péterbourgeoise ; fantastique pour les nombreuses évocations oniriques qui parcourent le roman. Il y a donc une ville « vraisemblable, typographiquement exacte » et une autre avec laquelle elle coexiste en contradiction qui se présente comme une « entité vivante et néfaste » 3 . La richesse de la description de la ville permet au roman de ne pas se réduire à l’exposition de ses théories philosophiques. 1. L’orthographe des noms propres utilisée dans l’article reprend celle du manga. 2. Mikhaïl Bakhtine, La Poétique de Dostoïevski , chapitre 2, Paris, Le Seuil, 1970. 3. Maria Gal, « Le Saint-Pétersbourg de Dostoïevski : de la généralisation du mythe urbain à l’individualisation de l’espace vécu », Territoire en mouvement Revue de géographie et aménagement, 31 | 2016.

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Le projet « Albert Londres en lycée » - Lire au CDI

par Anaïs Denis, professeure documentaliste et Amélie Rouveron, professeure documentaliste membre de l’APDEN Ce projet permet à des élèves, encadrés par leurs enseignants d’histoire et par les professeurs documentalistes, d’étudier la sélection des articles de presse écrite et la sélection des films documentaires en lice pour le prix Albert Londres. Il fournit également l’opportunité de rencontrer des grands reporters. Les partenaires du projet Le projet Albert Londres en lycée est un dispositif partenarial réunissant le ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse, le CLEMI, l’académie de Limoges, l’association Albert Londres et la SCAM (Société civile des auteurs multimédia). Deux professeurs documentalistes coordonnateurs accompagnent les enseignants dans le dispositif. Tout au long de l’opération, le professeur en charge de la classe ou du comité reste en contact avec l’un des deux professeurs coordonnateurs. Les élèves pouvant participer au projet Les participants sont des lycéens de LGT et de LP de l’académie de Limoges. Un établissement peut inscrire une classe mais aussi des élèves volontaires réunis sous forme de comité. Les objectifs du projet En lien avec le parcours citoyen, l’EMI et la lutte contre la désinformation, le projet permet aux lycéens de mieux comprendre la fabrication d’une information journalistique et de découvrir le métier de grand reporter. Les objectifs du projet pour les élèves : – explorer la richesse et la diversité des productions journalistiques ; – aiguiser leur intérêt pour les médias, l’actualité internationale et les grands enjeux du monde contemporain ; – mieux connaître le métier de journaliste et sa déontologie ; – développer des compétences en analyse d’articles de presse, d’images, de récits journalistiques ; – exercer leur esprit critique ; – affiner leur capacité à argumenter et à défendre leur point de vue ; – améliorer leur capacité à émettre un jugement critique sur une œuvre et à le formaliser par écrit ; – s’engager dans un projet de création et publication sur papier ou en ligne qui respecte droit et éthique de l’information. Les pistes de travail en classe Le travail en classe débute après une conférence inaugurale d’Hervé Brusini, président du Prix Albert Londres, qui relate la vie et la conception du journalisme d’Albert Londres ainsi que les origines et les critères d’attribution du prix. Chaque groupe (de deux ou trois élèves) travaille sur un film et un groupe d’articles. Les consignes sont les suivantes : – présenter les journalistes en compétition (parcours professionnel, œuvres et articles antérieurs, médias pour lesquels ils travaillent, pays couverts) ; – expliciter le contexte des articles et du film : pays/région du monde, contexte géopolitique et situation de la liberté de la presse ; – analyser le thème des articles et du film et la façon dont le reporter traite son sujet (prise de risques, difficultés éventuelles rencontrées, personnes interviewées, point de vue/angle d’attaque, et voir en quoi ce sujet ou cet angle d’attaque apporte quelque chose, critiques éventuelles des oeuvres par d’autres médias...), essayer de comprendre la façon dont le journaliste s’est informé (sources, accès aux données, vérification des informations…) ; – rédiger deux synthèses : une sur les articles, une sur le film. Chaque groupe tire au sort soit le groupe d’articles, soit le film à présenter, pour que toutes les œuvres en compétition soient traitées, et passe ensuite à l’oral. Les rencontres avec les journalistes Les élèves et leurs enseignants ont la possibilité de rencontrer l’un des reporters de la sélection. Lors de l’année scolaire 2021-2022, Jules Giraudat, pour son film Projet cartel : Mexique, le silence ou la mort et Alex Gohari (lauréat 2021 avec Léo Mattei) pour son film On the Line , les expulsés de l’Amérique , se sont déplacés dans plusieurs établissements scolaires. Lors de l’année scolaire 2022-2023, Martin Boudot, en visioconférence, a présenté et expliqué son travail sur la série Vert de rage. Margaux Benn, lauréate dans la catégorie presse écrite, est venue à la rencontre des lycéens. Notion info-documentaire : source La source est constituée des acteurs (personnes ou organisme) qui sont à l’origine de l’information considérée. Elle permet d’identifier le type d’information produit (journalistique, scientifique, promotionnelle, etc.) et d’estimer sa validité. Définition complète à consulter ici. Pour plus d’informations sur ce projet cliquer ici.

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Corpus et textes

Utopie et dystopie : une certaine vision de la société et de l'individu

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Séquence pédagogique

Mes forêts, Hélène Dorion

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Séquence pédagogique

Au fil des siècles, la question du consentement

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Fiche élève

Le groupe nominal dans Mes forêts, et des textes du parcours associé

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Séquence pédagogique

La forêt des contes, hier et aujourd’hui

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Pierre Bayard, de la critique à la classe - Une « machine » à lire et à faire lire autrement

Par Louise Bernard, Louis Boulet, Francesca Cavazza, Sarah Kapétanovic, Arnaud Sainsot, François Schiefer, Marie Tréhard, professeurs-stagiaires à l’INSPE Paris, sous la responsabilité d’Antony Soron, formateur lettres Méthode, curiosité et expérimentation ont été les maîtres mots de la journée d’étude « Enseigner la littérature en lisant Pierre Bayard », organisée à l’INSPE de Paris le 8 février 2023. Ouvrant cette plongée dans l’œuvre du chercheur, enseignant et essayiste de l’université Paris 8, l’universitaire Caroline Julliot a ainsi présenté le réseau InterCriPol qu’elle préside : véritable Interpol de la fiction, ce collectif de chercheurs revisite les œuvres littéraires comme des détectives. Quelles possibilités l’enquête bayardienne donne-t-elle au professeur ? Combler les blancs dans l’œuvre Inès Hamdi, professeure en collège, a interrogé la critique interventionniste bayardienne comme potentiel « secours » pour les élèves et l’enseignant. Selon Bayard, en effet, les oeuvres littéraires comportent des ellipses dans lesquelles les élèves peuvent investir le texte. À partir de la nouvelle policière « Quand Angèle fut seule… » de P. Mérigeau, Inès Hamdi a proposé à ses élèves de résoudre le mystère en question par des hypothèses d’enquête. Et si le vrai coupable était une autre personne que celle suggérée par l’auteur ? Et si des détails parsemés dans le texte nous conduisaient vers d’autres pistes ? L’enseignante a souligné que laisser libre cours à l’imagination des élèves leur permet de réécrire le texte pour se l’approprier. Parce qu’un livre se réinvente à chaque lecture et connait des existences aussi nombreuses que les consciences qui le parcourent. Une autre application des théories bayardiennes a été mise en œuvre par Milly La Delfa, professeure en lycée. Elle invite ses élèves de 2de à laisser des traces de leur lecture dans leur livre traité comme un objet qui leur appartient et sur lequel ils peuvent écrire, dessiner, coller des papiers… Ces annotations ou dessins sont censés matérialiser leurs impressions. Ces traces permettent au professeur de se représenter la saisie première du texte par ses élèves en vue de la conception de sa séquence. Il ou elle prête notamment ainsi son attention aux points de résistance. Lire Bayard, écrire sur soi Anne-Sylvie Schertenleib, professeure au Gymnase d’Yverdon (Suisse) a développé quant à elle un projet très ambitieux. Elle a voulu travailler non pas à la manière de Bayard, mais sur les textes du critique. Elle a d’abord demandé à ses élèves de lire, dans le cadre d’un cours de spécialité au lycée, Aurais-je été résistant ou bourreau ? (Minuit, 2013). L’auteur, né en 1954, se dit né en 1922, comme son père, afin d’être un adulte qui traverse la Seconde Guerre mondiale. Ils réactivent ensuite cette question dans des travaux d’écriture personnels, en s’appuyant sur la notion de « narrateur personnage délégué », sorte de double d’eux-mêmes ; les uns s’imaginent en contestataires dans l’Iran d’aujourd’hui, l’autre questionne la place de la foi dans l’engagement résistant. Les productions d’élèves ont frappé l’auditoire par leur intensité et leur pertinence, contestant l’habituelle neutralité distante des élèves vis-à-vis de la littérature. La démarche bayardienne de critique de dédoublement, réappropriée par l’actualisation des questionnements des personnages de fiction, a permis aux élèves de produire des réflexions qui interrogent leur place de citoyens au sein de la société. Ne pas lire les livre dont on parle… à l’école Dans son essai Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? (2007), Pierre Bayard questionne notre lien à la « bibliothèque collective » des livres qu’il faut avoir lus, allant jusqu’à présenter des « manières de ne pas lire ». Son concept de « non-lecture » a inspiré l’universitaire Maïté Eugène, qui interroge dans ses travaux la figure du non-lecteur scolaire. Elle a ainsi pu les catégoriser en distinguant les réticents, les réfractaires et les perplexes. Ses travaux tendent à démontrer par exemple que le « réticent » réussit les contrôles de lecture sans avoir lu, tandis que le « réfractaire » entre en résistance face aux livres et rejette de manière définitive tout rapport à la lecture. Le « perplexe », enfin, pratique la lecture extra-scolaire mais s’interroge sur l’intérêt du choix du livre scolaire. Ces catégories, poreuses, doivent être comprises comme une construction dynamique. Plusieurs pistes sont envisagées par Maïté Eugène pour travailler avec la “non-lecture”, notamment, penser la co-construction des interprétations par les élèves entre eux et avec l’enseignant. Les ouvrages de Pierre Bayard offrent diverses modalités d’enquête remettant au centre de toute entreprise de relecture le sujet-lecteur. La journée d’étude a pu démontrer que les professeurs avaient tout à gagner en s’en inspirant.

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Le modèle économique des réseaux sociaux - Lire au CDI

par Amélie Rouveron, membre de l’A.P.D.E.N La partie du programme de SNT (Sciences numériques et technologie) de la classe de seconde consacrée aux réseaux sociaux est parfois prise en charge par les professeurs documentalistes. Nous proposons une séquence pédagogique composée de quatre séances : une première séance introductive sur les réseaux sociaux numériques (RSN) et sur leur modèle économique, une deuxième sur le fonctionnement des réseaux sociaux et de leurs algorithmes, une troisième sur les traces et l’identité numériques et une quatrième sur les dérives et la cyberviolence. Panorama des RSN Cette séance introductive sur le modèle économique des RSN est l’occasion d’aborder un certain nombre de notions dont certaines sont à relier à l’EMI : cookies, données personnelles, économie de l’attention, influenceur, publicité ciblée, les règles de base du fonctionnement des réseaux sociaux, la distinction entre information, divertissement, communication et publicité. La séance commence par la projection d’un panorama historique des réseaux sociaux : les logos des réseaux sociaux et leurs dates de création sont projetés, et les élèves sont invités à identifier le réseau social correspondant à chaque logo et à en donner les principaux usages. Une fois ce tour de table terminé, les élèves construisent une définition commune d’un RSN. Une infographie sur les chiffres des RSN en 2022 permet d’observer et de commenter l’audience et la moyenne d’âge des utilisateurs pour chaque réseau social. Nous échangeons alors avec les élèves sur leurs habitudes, leurs usages et leurs représentations des RSN. « Si c’est gratuit, c’est toi le produit » Dans un deuxième temps, nous nous interrogeons sur les modalités d’accès aux RSN et sur les conditions de la gratuité de leur utilisation. La projection d’une vidéo 1 offre des exemples de données personnelles récupérées, ce qui permet la rédaction d’une définition d’une donnée personnelle et d’un cookie. Nous abordons alors les stratégies publicitaires sur les réseaux sociaux avec notamment la question de la publicité ciblée. Nous projetons alors des exemples de publicités contextuelles et comportementales issues de Facebook, Twitter et Instagram afin de questionner la notion de gratuité des contenus sur les RSN. Nous entrons dans le vif du sujet du modèle économique des RSN et de la monétisation des données personnelles. Nous souhaitons que les élèves prennent conscience qu’avec 4,7 milliards d’utilisateurs en 2022, les réseaux sociaux sont devenus le plus grand marché pour les annonceurs et les marques. La publicité et les influenceurs La troisième séance est consacrée au rôle des influenceurs comme relais des marques sur les RSN. Après un temps d’échanges avec les élèves, nous rédigeons une définition du rôle des influenceurs et une typologie de leurs activités en ligne. Nous abordons la question des publicités dans les publications des influenceurs et de leurs rémunérations en fonction de leurs audiences, de la taille de leurs communautés et de leur notoriété. Nous questionnons aussi les obligations légales des mentions dans les partenariats publicitaires et dans les publications sponsorisées. À travers des exemples de publications, les élèves déterminent si elles respectent ou pas les obligations légales. C’est ainsi l’occasion d’évoquer la publicité cachée. Nous terminons par les risques juridiques encourus par les influenceurs en cas de manquement à cette législation. D’autres modèles économiques possibles En conclusion, nous rappelons que, même si le modèle économique dominant des RSN est la publicité, il existe d’autres modèles économiques possibles : les commissions, les dons, les abonnements ou encore l’accès freemium. 1. Données personnelles : quand le numérique nous transforme en produit [en ligne]. Lumni, 17/11/2019 [consulté le 18/02/2023]. Disponible à l’adresse : https://www.lumni.fr/video/quandle-numerique-nous-transforme-en-produit   NOTION INFO-DOCUMENTAIRE : Médias sociaux en ligne Un média social est un outil de communication en réseau. Chaque profil identifié partage des contenus et entre en relation avec d’autres profils. Définition complète à consulter ici. SITOGRAPHIE INDICATIVE • Julien Baldacchino, « Influenceurs : «Ne pas révéler l’intention commerciale d’une publication, c’est puni par la loi », France Inter, 05/08/2021 tinyurl.com/rf-baldacchino • Vincent Fagot, « Twitter ou le difficile modèle économique des réseaux sociaux », Le Monde, 26/04/2022. tinyurl.com/lm-fagot • Héloïse Famié-Galtier, « Chiffres clés d’Internet et des réseaux sociaux en France en 2022 », BDM, 09/02/2022 https://tinyurl.com/bdm-framieg • Gilles Fontaine, « Le modèle économique des réseaux sociaux critiqué », France Inter, 16/10/2021 [consulté le 18/02/2023]. Disponible à l’adresse : tinyurl.com/rf-fontaine • Marjolaine Koch, « Influenceurs : peu de règles, beaucoup d’abus », et « enquête au royaume du mélange des genres » France Inter, 18/06/2021 et 19/06/2021 tinyurl.com/rf-koch1 – tinyurl.com/rf-koch2 • Vincent Matalon, « Accepter ou refuser les cookies ? On vous explique les nouvelles règles sur les traceurs publicitaires sur internet », France Info, 15/04/2021 tinyurl.com/fi-matalon  

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Séquence pédagogique

Maupassant et le récit fantastique

La séquence permet, grâce à l’étude de plusieurs nouvelles de Maupassant dont Le Horla , de définir les notions de réalisme, naturalisme et fantastique et de s’initier au commentaire et à la dissertation.

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Séquence pédagogique

La Peau de chagrin de Balzac, à la croisée des genres

L’étude de ce roman de Balzac aide à mettre en place les notions de réalisme, de romantisme et de fantastique. La séquence offre également une initiation à l’explication linéaire et à la dissertation autour de la question de l’énergie.

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L’interrogation, les subordonnées circonstancielles dans La Peau de chagrin

À partir de phrases tirées du roman de Balzac, une série d’exercices portant sur l’interrogation directe et indirecte ainsi que sur les différents compléments circonstanciels est proposée.

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Le sacrifice d’Iphigénie

Une étude de cet épisode majeur de la Guerre de Troie sous deux déclinaisons textuelles, chez Lucrèce et Tiago Rodrigues, et une picturale, avec la fresque de la maison du Poète Tragique à Pompéi. Ce mythe permet d’interroger le rapport entre morale humaine et volonté divine.

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Fiche élève

L’emploi des temps dans un récit au passé : Manon Lescaut

Des exercices et des analyses sur l'emploi des temps sont proposés pour lire et commenter des extraits de Manon Lescaut .

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Les clandestines de l’Histoire une exposition au CDI à partir de l’œuvre d’Olympe de Gouges - Lire au CDI

par Laure Bertrand, professeure documentaliste, membre de l’A.P.D.E.N. Depuis 2021, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges est au programme des EAF dans le parcours : « Écrire et combattre pour l’égalité ». Bien plus que ses qualités littéraires, c’est le contenu de ce texte et son universalité qui en font l’intérêt. Pour appréhender ces aspects, une enseignante de lettres modernes propose une recherche au CDI en collaboration avec les professeures documentalistes. L’ exposition En plus de l’œuvre d’Olympe de Gouges, les professeures documentalistes ont acquis le roman graphique de Catel Muller et José-Louis Bocquet qui lui est consacré. Afin de mettre en avant cet ouvrage ainsi que les autres titres 1 de la collection « Les Clandestines de l’Histoire », elles empruntent à l’éditeur Casterman l’exposition qui en fait la promotion 2 . Le prêt étant gratuit, il convient simplement de signer une convention. L’exposition est composée d’un panneau qui présente les quatre artistes (Olympe de Gouges, Joséphine Baker, Kiki de Montparnasse et Alice Guy) suivi, pour chacune, de trois planches extraites des bandes dessinées. Des travaux d’élèves Il est demandé aux élèves de 1re, après qu’ils ont étudié l’œuvre d’Olympe de Gouges et visité l’exposition au CDI, de créer à leur tour une planche biographique sur le modèle du panneau consacré à chaque clandestine. Par groupes, ils doivent choisir leur sujet dans une de ces deux listes : la première, donnée par les enseignantes, inclut des personnalités aussi différentes qu’Elisabeth Vigée le Brun, Louise Michel ou Beyoncé ; la seconde est constituée des cinquante « oubliées de l’histoire » présentées dans le jeu de cartes « osez l’égalité » de l’Université Paris Cité 3 . Outre les éléments biographiques, le panneau doit impérativement expliciter comment l’œuvre de la personnalité choisie lutte pour l’égalité. Avant d’exposer leurs panneaux, les élèves présentent à la classe le fruit de leurs recherches à l’oral. Prolongement : une exposition consacrée à George Sand Après une pause de quelques semaines, les professeures documentalistes mettent en place une exposition prêtée par la bibliothèque départementale de prêt et intitulée : « George Sand, la femme libre » 4 . – des rédactions de critiques littéraires et d’avis argumentés sur les romans ; – des conceptions d’affiches pour promouvoir les romans. Conclusion Au-delà de l’étude de l’œuvre d’Olympe de Gouges, ce projet a permis de travailler sur l’invisibilisation des femmes dans tous les domaines artistiques et donc de réfléchir à l’égalité et aux combats en cours pour y parvenir. 1. Voir bibliographie 2. Pour en savoir davantage sur l’exposition et pour l’emprunter cliquer ici 3. Lien vers le site web 4. Lien vers le site web   BIBLIOGRAPHIE Romans graphiques : • Kim Consigny et Séverine Vidal, George Sand, fille du siècle , Delcourt, 2020 • Catel Muller et José-Louis Bocquet, Jean-Luc Ruault, Kiki de Montparnasse , Casterman, 2007 • Catel Muller et José-Louis Bocquet, Joséphine Baker , Casterman, 2016 • Catel Muller et José-Louis Bocquet, Olympe de Gouges , Casterman, 2021 • Catel Muller et José-Louis Bocquet, Alice Guy , Casterman, 2021 Documentaires et essais : • Titiou Lecoq, Les grandes oubliées : pourquoi l’histoire a effacé les femmes , L’Iconoclaste, 2021 • Jean-Noël Jeanneney et Grégoire Kaufmann, Les Rebelles, une anthologie , CNRS, 2014 • Catherine Valenti, Les femmes qui s’engagent sont dangereuses , Gründ, 2017   NOTION INFO-DOCUMENTAIRE : Médiatisation La médiatisation est un processus de communication, de médiation d’un message ou d’une information qui suppose l’utilisation d’un ou plusieurs médias (presse écrite, radio, télévision, Web, affichage public). La médiatisation permet la publicité, au sens d’une diffusion, plus ou moins massive, autour d’un sujet, d’une personne, d’une organisation, d’un produit. Définition complète à consulter ici.

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Quand la « critique policière » réinvente l’analyse des œuvres en classe

Par Éric Hoppenot et Antony Soron, chercheurs en littérature et formateurs à l’INSPE Paris Sorbonne-Université Pierre Bayard développe, d’ouvrage en ouvrage, un discours de « sa » méthode. Autour de lui, des chercheurs ont fondé Intercripol 1 et s’intéressent à la littérature dans son ensemble, au-delà de la littérature policière : une enquête peut conduire, par exemple, à la conclusion que « Manon Lescaut n’est jamais allée en Amérique ». En enquêtant en classe sur « La Parure » de Maupassant, nous poursuivons, modestement, ce travail. Pour une nouvelle vigilance du lecteur Le parti pris de Pierre Bayard conduit à remettre en question les habitudes du lecteur « passif » qui accorde une créance quasi absolue aux conclusions de son auteur. Par définition et par accoutumance, il croit tout ce qu’on lui raconte, a fortiori quand il a affaire à des personnages enquêteurs aussi professionnels que Poirot et Holmes. Le procès en aveuglement du lecteur se complète par celui de la mauvaise foi du narrateur qui se réserve le droit de ne pas exposer tous les fils potentiels de l’intrigue. La critique policière se donne donc pour objectif de débusquer un réseau d’invraisemblances qui n’ont pas sauté aux yeux d’un lecteur finalement crédule, et ce en se montrant très sensible aux indices textuels. Pierre Bayard accorde par exemple beaucoup d’importance au rôle du « magnétophone » dans son enquête sur la mort suspecte de Roger Ackroyd. De là découlent d’autres interprétations du meurtre. Ainsi, dans ce cheminement qui transforme le lecteur expert en enquêteur expert, l’acte critique se corrèle nécessairement à une part d’imagination. Il s’agit alors pour le sujet commentateur d’engager un travail psychique lui réclamant de « poursuivre des pensées inachevées, inventer du passé et de l’avenir au texte ». Une enquête bayardienne « La Parure » de Maupassant : à qui profite le vol ? Cette étude de la nouvelle de Maupassant destinée à une classe de 2 de pourrait aussi être adaptée à des élèves de 4 e . Dans un premier temps, on s’assure de la compréhension globale de l’histoire. On fait un rappel sur le « portrait moral » d’un personnage et on précise que Maupassant s’inscrit dans deux courants complémentaires du réalisme et du fantastique. Dans un deuxième temps, on procède à un vote à bulletin secret à partir de la question fermée suivante : « L’histoire de “La Parure” vous apparaît-elle crédible ? ». En fonction des résultats, on pourra commencer à s’interroger sur ce qui, le cas échéant, cloche dans l’intrigue. C’est à ce moment-là qu’on introduit la notion de critique policière de même que le nom de Pierre Bayard 2 . L’idée est de montrer aux élèves que l’auteur privilégie un fil narratif qui n’est pas nécessairement le plus vraisemblable. On demande alors aux élèves de formuler une autre interprétation de l’histoire en faisant peser la responsabilité du drame sur tel ou tel personnage. Certains ont pu s’étonner, par exemple, que Madame Loisel ne découvre la disparition de la rivière de diamants qu’une fois rentrée chez elle. En fonction des hypothèses, des groupes ont pu se constituer. – Monsieur Loisel est de mèche avec Madame Forestier : ils sont amants – Madame Forestier a voulu se venger de son amie qu’elle considère comme naturellement trop belle. – Le couple a été victime d’un complot ourdi par Madame Forestier et le bijoutier. – Le couple a été victime d’une association de malfaiteurs. Quelle que soit la direction choisie, on invitera les élèves à structurer leur rapport d’enquête autour des étapes suivantes : – hypothèse d’enquête ; – identification du ou des présumé(s) coupable(s) ; – mobiles du « crime » ; – indices relevés dans le texte ; – conclusion de l’enquête. Un effet stimulant sur la relecture critique d’un texte L’expérience bayardienne sur « La Parure » a été menée avec des professeurs stagiaires de Lettres qui se sont rapidement pris au jeu. Le plus frappant a été la manière dont ils se sont saisis des différents indices pouvant conforter leurs hypothèses. Le texte a été passé au crible, de même que tous ses « trous ». Ce qui a permis incidemment de démontrer que l’enquête reste d’autant plus efficace que l’on a affaire à une nouvelle, elliptique par nature. Quel que soit le bénéfice que l’on peut tirer du travail de Pierre Bayard, il n’y a pas lieu de fétichiser la critique policière ni de l’appliquer à toutes les sauces. Cependant, les observations effectuées dans les classes tendent à montrer que beaucoup d’élèves, et pas nécessairement les plus scolaires, se montrent bayardiens sans le savoir. De là à imaginer qu’une internationale de la critique policière « élève » ne se mette ne place… L’hypothèse aurait en tout état de cause l’avantage de séduire un universitaire qui a su garder sinon son âme d’enfant, au moins l’idée en tête que la vérité ne sort que de leur bouche. * Nous rappelons que toute la critique policière est accessible aux Éditions de Minuit. Le site de l’éditeur permet en outre de feuilleter les premières pages des ouvrages. 1. http://intercripol.org/fr/thematiques/critique-policiere/theywerenone.html 2. Deux exemples d’études bayardiennes présentées à partir de La Vérité sur « Ils étaient dix » (2019) et de L’Affaire du chien de Baskerville (2008) sont disponibles dans la banque de ressources.

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Sélection culturelle

Proust, secrets de fabrique

Par Armand Kadivar À l’occasion du centième anniversaire de la mort de Proust, la BnF dévoile la genèse d’ À la recherche du temps perdu en réunissant 370 pièces capitales et inédites : manuscrits, exemplaires imprimés d’époque, sources d’inspiration… De quoi plonger dans les secrets de fabrication d’une œuvre monumentale et découvrir des anecdotes, des objets et des œuvres qui éclairent d’un jour nouveau ce sommet romanesque. « Cahiers de brouillon, de mises au net, feuillets volants, carnets, dactylographies, épreuves, placards et paperoles » Marcel Proust est mort il y a cent ans. Pour honorer la mémoire de l’un de nos auteurs les plus reconnus, la Bibliothèque nationale de France propose une exposition qui retrace la conception de La Recherche . Cahiers de brouillon, de mises au net, feuillets volants, carnets, dactylographies, épreuves, placards et paperoles jalonnent le parcours d’une somme littéraire dont la publication commence en 1913 avec Du côté de chez Swann et s’achève en 1927 avec Le Temps retrouvé . L’occasion d’apprendre qu’ À la recherche du temps perdu devait initialement se nommer Les Intermittences du cœur , titre marivaudien s’il en est, et son premier volume Le Temps perdu plutôt que Du côté de chez Swann . Quant à la fameuse madeleine, qui ressuscite le souvenir de la tante Léonie pour le narrateur, elle fut d’abord pain rassis, puis grillé, avant d’être biscotte ! Plus cocasse encore, l’affiche que feint de contempler le baron de Charlus pour fuir le regard du narrateur dans À l’ombre des jeunes filles en fleurs , promeut, selon les versions préparatoires, un concert de Richard Wagner ou… les bouillons Liebig ! Si les écrits proustiens constituent la matière première de l’exposition, on retrouve également d’autres œuvres en lien avec La Recherche . Aussi ne sera-t-on pas surpris de retrouver de nombreuses peintures signées Turner, Monet ou encore Renoir, au vu de l’importance que revêt cet art chez Proust, via le personnage d’Elstir. Les extraits musicaux de Ravel, Beethoven, Strauss ou encore Stravinsky, joués tout au long de l’exposition, plongent le visiteur dans l’ambiance musicale de l’époque, tout en faisant écho à la fameuse sonate de Vinteuil, celle qui touche profondément Charles Swann et fait naître sa relation avec Odette de Crécy. « Des vêtements signés Fortuny qui auraient pu être ceux de Mme Swann et d’Albertine, une commode de style Empire qu’aurait adorée la duchesse de Guermantes » À ces œuvres d’art s’ajoutent des objets divers qui trouvent leur équivalent textuel sous la plume de l’écrivain : des vêtements signés Fortuny qui auraient pu être ceux de Mme Swann et d’Albertine, une commode de style Empire qu’aurait adorée la duchesse de Guermantes ou encore une lanterne magique, comme celle avec laquelle, à Combray, le soir venu, on essaie d’apaiser l’angoisse du jeune narrateur… Bien plus que de simples éléments de décoration, l’incorporation de ces objets emblématiques permet de rendre compte des liens entre l’art et la vie, question essentielle que pose le roman en plus de celle, évidemment, du temps. L’exposition, 100 ans après la mort de Proust, déploie rigoureusement, salle par salle, volume par volume, la chronologie d’une écriture, celle d’une œuvre entre deux siècles et entre deux guerres, 1870 et 14-18. À défaut de refaire un tour du côté de chez Swann, la Bibliothèque nationale de France nous propose de replonger au cœur de cette œuvre qui se joue du temps, à la croisée de l’éternel et du transitoire.

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Corrigés

Les modes verbaux et les expansions du nom

A partir des récits de Colette au programme, une série d'exercices et de questions d'examen sur les modes verbaux d'une part, et les expansions du nom d'autre part.

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Séquence pédagogique

La marginalité, ferment de la vérité - Les exercices du BAC

La question de la marginalité, au programme en 1re à travers l'étude de Manon Lescaut , est ici vue grâce à des lectures cursives, analyse d'image, et un commentaire d'un extrait du Neveu de Rameau .

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Fiche élève

Jupiter, alias Amphitryon

Parmi les métamorphoses les plus canoniques, on peut noter celle de Jupiter qui, pour séduire Alcmène, revêt l’apparence de son mari parti au combat, Amphitryon. Cet épisode est lui aussi protéiforme puisqu’on le retrouve chez Plaute, Molière ou sur un cratère antique.

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Le prix Passerelle(s), célébration de la littérature de jeunesse - Lire au CDI

Par Amélie Rouveron, professeure documentaliste membre de l’APDEN Le prix Passerelle(s), créé en 2011 par des professeures documentalistes de l’académie de Limoges, est un prix de littérature jeunesse qui s’adresse aux élèves de 3 e et de 2 de , et qui a, entre autres, pour objectif de créer un lien entre les élèves et les professeurs de ces deux niveaux. Le prix Les quatre romans de la sélection sont choisis dans la production éditoriale française récente. Les élèves lisent les romans entre le mois d’octobre et le mois de mai et votent en fin d’année scolaire pour leur œuvre préférée. Deux temps forts incontournables du prix sont particulièrement appréciés des élèves : la rencontre avec l’un des auteurs de la sélection et la demi-journée organisée au Théâtre de l’Union, à Limoges. Au théâtre, les comédiens de l’Académie de l’Union, école supérieure professionnelle de théâtre du Limousin, mettent en espace des extraits des romans : la lecture est rendue vivante pour les élèves qui créent ainsi du sens entre l’écriture et la représentation théâtrale. Les objectifs du prix Le prix Passerelle(s) répond à plusieurs intentions : – développer la lecture-plaisir en conservant des exigences littéraires ; – promouvoir la langue française ; – enrichir les connaissances culturelles ; – exprimer une émotion artistique et un jugement critique ; – cultiver la sensibilité, la curiosité et le plaisir à rencontrer des oeuvres ; – faire découvrir le patrimoine artistique proche ; – s’approprier des lieux culturels comme le théâtre, les médiathèques… L’organisation pédagogique du prix Tout au long de l’année, le professeur documentaliste coordonne l’équipe pédagogique concernée. Le prix peut s’organiser sous forme de comité de lecteurs, avec des élèves volontaires, ou avec une classe, en collaboration avec un collègue de lettres. De multiples propositions pédagogiques peuvent accompagner la mise en œuvre du prix : – une séance de présentation avec la découverte de la sélection et un travail sur les horizons d’attente ; – des rédactions de critiques littéraires et d’avis argumentés sur les romans ; – des conceptions d’affiches pour promouvoir les romans ; – des réalisations de bandes annonces littéraires pour susciter l’envie de découvrir le romans ; – des échanges avec d’autres établissements, notamment avec des collèges et les élèves de 3 e ; – la création de quiz, de charades, de Time’s up autour des livres ; – un parcours thématique autour des métiers du livre avec des rencontres avec un éditeur, un libraire, un bibliothécaire et un auteur. On peut en outre organiser un concours photo : « Plonge-nous dans le livre ! » qui consiste à réaliser une photographie mettant en scène un livre de la sélection. La photographie doit rendre compte de l’atmosphère, de l’univers, de l’histoire et/ou des personnages d’un des livres de la sélection. Le livre mis en scène doit être identifiable sur la photographie. Chacune de ces activités répond à des objectifs disciplinaires et informationnels. Si nous prenons l’exemple de la création de bandes-annonces littéraires, il est demandé aux élèves d’intégrer dans leur production finale le titre et l’auteur du roman, une présentation du ou des personnages principaux, des lieux via un très court résumé, deux arguments qui expliquent pourquoi ils ont aimé le roman, des mots clés, une phrase finale qui incitera à lire le roman, deux à trois illustrations représentatives du livre (photos ou images)… Pour le professeur documentaliste, cette production permet de travailler de nombreuses compétences info-documentaires telles que la lecture, la sélection, l’extraction et la restitution de l’information, la recherche d’images libres de droits, l’identification et la citation des sources. La sélection 3 e /2 de de l’édition 2022-2023 • Cécile ALIX, A(Ni)Mal , Slalom, 2022 • Sylvie ALLOUCHE, Go fast go slow , Syros, 2022 • Marie COLOT, Eden, fille de personne , Actes Sud junior, 2021 • Maelle DESARD, À un cheveu , Slalom, 2022 Pour en savoir plus : Le site internet du prix Notion info-documentaire : structure du document La structure du document renvoie à son organisation finale, et à sa structuration en différents éléments constitutifs (blocs d’images ou de texte) qui le caractérisent et permettent de l’identifier. La structure du document présente l’information en utilisant différents codes de présentation. Ces codes sont liés à la technologie utilisée (imprimé, numérique, électronique) mais aussi à des choix esthétiques qui font l’originalité du document. Définition complète à consulter ici .

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