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Sherlock Holmes et le docteur Watson

Par Xavier Mauméjan, romancier, essayiste. Découvrez le portrait de Sherlock Holmes et du docteur Watson dans un extrait du dossier paru dans la NRP collège de décembre 2025 Sherlock Holmes en neuf points . Sherlock Holmes et le docteur John H. Watson font connaissance en 1881 dans Une étude en rouge , roman publié par Arthur Conan Doyle dans le Beeton’s Christmas Annual en novembre 1887. Peu après avoir décidé d’habiter ensemble au 221B Baker Street, l’enquêteur confie au médecin que l’esprit est comme un petit grenier vide. Il ne s’agit pas de l’encombrer, seuls les faits d’importance doivent y être soigneusement rangés. […] Sherlock Holmes Né le 6 janvier 1854, Sherlock Holmes est issu d’une famille de petits propriétaires terriens. D’ascendance en partie française puisque sa grand-mère était la sœur du peintre Vernet, il en parle couramment la langue et aime à citer Flaubert. Avare de confidences, on ne lui connaît qu’un frère aîné. Holmes mesure un mètre quatre-vingts, est mince mais doté d’une force remarquable. Son visage attire l’attention : cheveux sombres aux larges avancées frontales, traits émaciés, nez aquilin, lèvres fines qui recouvrent une dentition incomplète puisque La Maison vide (1903) nous apprend qu’un certain Matthews lui a ôté d’un coup de poing sa canine gauche dans la salle d’attente de Charing-Cross. Ses yeux gris dardent un regard pénétrant sur tout et tous. Après des études universitaires à Oxford ou Cambridge, on ne sait trop, il interrompt son cursus au bout de deux ans et s’installe à Londres, sur Montague Street. Là, à vingt-quatre ans, fort de quelques enquêtes réussies, comme celle rapportée dans Le Rituel des Musgrave, il décide de devenir « détective-consultant », profession qu’il crée à sa mesure. Il en confie à Watson la nature dans Une Étude en rouge : «  Eh bien ! J’ai mon propre métier. Je crois bien être le seul à l’exercer dans le monde  ». Holmes intervient en qualité de détective-conseil lorsque l’ensemble des enquêteurs, privés ou inspecteurs de police, ont échoué : «  J’écoute leurs histoires puis ils écoutent mes commentaires ; à la fin, j’empoche les honoraires !  ». Ses émoluments ne sont pas fixes, variant du symbolique au conséquent, l’intérêt que présente l’affaire étant le seul véritable critère d’élection. De même, Holmes sert davantage la justice que la loi, quitte à la contourner pour privilégier ce qui est légitime au légal, comme dans l’affaire de Charles-Augustus Milverton (1904). Holmes est conscient de sa valeur et l’affirme dans L’Interprète grec (1893) : «  Mon cher Watson, me dit-il, je ne me range pas parmi les gens qui placent la modestie au nombre des vertus   ». Son orgueil est toutefois tempéré d’humour. Entre deux affaires, Holmes peut passer d’une intense activité au surmenage et à la dépression. Il se tient alors prostré des jours entiers et connaîtra même un effondrement au début de L’Aventure du pied du diable (1910). Le détective hait et redoute l’oisiveté, «   Ma vie n’est qu’un long effort pour échapper aux banalités de l’existence  » confie-t-il à Watson dans La Ligue des rouquins (1891). Pour dissiper son ennui, il use parfois de drogues, notamment de cocaïne dans une solution diluée à 7%. Il se départira de cette nocive habitude à partir de La Maison vide (1893). Peut-être un effet de sa rencontre avec le dalaï-lama, conjoint à son intérêt pour le bouddhisme de Ceylan.  Il ne cessera cependant jamais de fumer, la pipe bien sûr, dont le tabac est conservé dans une babouche persane, mais également les cigares contenus dans un seau à charbon, et les cigarettes. Le détective se pense volontiers en ascète. Dans La Pierre de Mazarin il déclare : «  Je suis un cerveau dont le corps n’est que l’appendice   », et précise dans L’Illustre Client (1924) : «   J’utilise ma tête, non mon cœur   ». Pourtant il alterne jeûne et dégustation, apprécie la bonne chère et les vins fins, fournis par les meilleurs traiteurs et restaurants. Holmes et Watson ont ainsi leurs habitudes au fameux Simpson’s. Esprit polymathe, Holmes multiplie les centres d’intérêts : philologie, chartes médiévales, palimpsestes ou encore théâtre religieux. Excellent violoniste qui joue sur un Stradivarius acheté cinquante-cinq shillings chez un prêteur sur gages, il a écrit un essai sur les motets polyphoniques de Lassus qui fait autorité. Sans compter les monographies liées à sa profession, sur les empreintes de pas, les cendres de cigares, les tatouages, les différentes formes de l’oreille humaine, ou autres. Au soir de sa vie, après avoir refusé le titre de chevalier et s’être retiré dans le Sussex, il deviendra un apiculteur accompli et confiera à Watson s’intéresser à la gelée royale. La ruche et sa reine, comme un rappel de Londres et de la reine Victoria… John H. Watson Watson est né au début des années 1850. Lors de L’Homme à la lèvre tordue (1891), son épouse Mary le prénomme « James », ce qui conduit la grande reine du crime Dorothy L. Sayers à avancer que le « H.  » serait l’initiale de Hamish, « James » en écossais. Première énigme que pose le placide docteur… Ses parents sont morts, de même que son frère alcoolique. Watson passe une partie de son enfance à Ballarat en Australie, puis obtient en 1878 son diplôme de docteur en médecine à l’université de Londres. Il travaille à l’hôpital St. Bartholomew puis intègre l’armée, devient chirurgien militaire et débarque à Bombay au début de la deuxième guerre afghane. À Kandahar il rejoint le 5 e régiment des fusiliers du Northumberland. Détaché au régiment du Berkshire, il participe à la funeste bataille de Maiwand. Là, il est blessé par une balle jezaïl, à l’épaule ou à la jambe, on ne sait trop, nouveau mystère. On peut supposer que le médecin, agenouillé pour porter secours à un blessé, ait reçu un projectile depuis les hauteurs qui lui a causé une double blessure. Watson connaît une longue convalescence à l’hôpital de Peshawar, attrape la fièvre entérique, puis se remet lentement avant d’être démobilisé. Le transport de troupes Orontes le ramène au pays. Depuis Portsmouth il regagne Londres, et dépense sans compter sa pension militaire. Il faut dire que Watson est un panier percé, aime jouer aux courses, au point que Sherlock Holmes mettra plus tard son chéquier sous clef. Alors qu’il est au bar du Criterion, le médecin croise Stamford, l’ancien infirmier qu’il avait sous ses ordres à St. Bartholomew. Stamford lui annonce qu’une de ses vagues connaissances, chimiste au caractère excentrique, cherche une colocation. La partie commence. Contrairement à ses premières représentations au cinéma, Watson est vif, courageux, bâti en force, il a joué au rugby dans le club de Blackheath. De taille moyenne, bel homme à la mâchoire carrée, il rencontre un certain succès auprès des femmes, son expérience «  s’étend à trois continents  » selon ses propres aveux dans Le Signe des quatre (1890). D’un tempérament placide, il lui arrive parfois de s’emporter. Compagnon idéal de Sherlock Holmes, qui lui reproche toutefois de voir là où il faudrait observer, Watson agit comme un conducteur d’électricité qui éclaire le raisonnement du détective. Mais surtout, le docteur est aussi le principal biographe de l’enquêteur. Narrateur désigné en lieu et place d’Arthur Conan Doyle, c’est à lui qu’on doit attribuer le crédit des récits… ou les reproches puisque Holmes déplore le caractère romancé de leurs aventures publiées dans le Strand. Participant à la majorité des enquêtes, il en connaît l’ensemble des faits et le dénouement, mais feint de découvrir l’histoire du crime à mesure que progresse Holmes. Une modeste omniscience, bien dans la manière du bon docteur…

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Fiche élève

L’expression de la comparaison dans Pluie et vent sur Télumée Miracle

Une étude de la comparaison chez Schwarz-Bart pour aider à comprendre le rôle des subordonnées complétives, les comparaisons et les métaphores chez l'autrice de Pluie et vent sur Télumée Miracle .

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Fiche élève

Actéon, le chasseur devenu proie

La fiche présente la métamorphose tragique d'Actéon en cerf à travers trois représentations : le lexte d'Ovide en latin, une peinture de Titien et un poème de Ronsard. Les trois supports amènent à une réflexion sur le tragique de la métmorphose et le poids du destin qui pèse sur les épaules du héros.

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Pot-Bouille - Émile Zola

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Le Chevalier de la charrette - Chrétien de Troyes

Téléchargez  gratuitement  le livret pédagogique du Chevalier de la charette   de  Chrétien de Troyes pour enrichir vos cours et pour accompagner vos élèves dans l’étude de ce roman médiéval.

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Séquence pédagogique

M. Hire, de l’écrit à l’écran

Cette séquence explore l’adaptation d’un roman de Simenon à l’écran. Les élèves comparent texte et films pour comprendre les transformations narratives, les choix de mises en scène et les enjeux du passage de l’écrit à l’image.

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Séquence pédagogique

L’art du portrait en 2 minutes : efficacité narrative de la bande-annonce

Les élèves analysent la bande-annonce comme forme de narrative brève. Ils identifient ses procédés en analysant quelques bandes-annonces (rythme, montage) et réalisent leurs propres productions pour comprendre la construction d’un portrait efficace.

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Fiche élève

La structure de la phrase complexe, les différents que

Cette fiche propose une synthèse claire sur la phrase complexe et les emplois de « que ». Des exercices permettent aux élèves de consolider leurs compétences grammaticales en vue du baccalauréat.

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Programme NRP 2026-2027

Pour l’année 2026‑2027, la NRP propose aux enseignants de français un accompagnement tout au long de l’année, conçu pour nourrir la réflexion et soutenir le travail en classe.   Dans chaque revue, vous pouvez retrouver : - un dossier en lien avec les programmes qui fait le point sur un thème et constitue un corpus de référence écrit par les enseignants de terrains, des universitaires ; - de nombreuses activités écrites et orales ; - des actualités, des analyses d'images, des fiches études de la langues, etc.   Découvrez ci-dessous le programme détaillé :   N° 116 - Septembre 2026 Cap sur la littérature francophone des Caraïbes Lire des œuvres de la littérature francophone caribéenne est certainement le meilleur moyen, le plus riche, d’avoir accès à la mémoire de l’esclavage et d’aller à la rencontre de l’identité créole. Ce numéro contiendra, entre autres, une séquence sur Pluie et vent sur Thélumée Miracle, le récit de Simone Schwarz-Bart au programme en 1re. DOSSIER De la littérature antillaise de la langue française… et des romancières guadeloupéennes SÉQUENCES PÉDAGOGIQUES Séquence 2 de Moi, Tituba sorcière… de Maryse Condé. Étudier la fabrique d'une œuvre pour mieux se l'approprier… Séquence 1 re Pluie et vent sur Télumée Miracle de Simone Schwarz-Bart. La mémoire de l’histoire coloniale et de l’esclavage par la littérature Exercices du Bac 2 de 1 re Galilée : « La vérité est fille du temps, pas de l’Autorité » FICHES ÉLÈVE Étude de la langue L’expression de la comparaison dans Pluie et vent sur Télumée Miracle Latin T le Actéon, le chasseur devenu proie   N° 117 - Décembre 2026 Scènes de la vie conjugale : de l’ennui mortel au crime C’est probablement un hasard : plusieurs Thérèse, dans la littérature, assassinent ou tentent d’assassiner leur mari. Qui sont ces meurtrières ? Le meurtre est-il un avatar du bovarysme quand elles pourraient aussi mourir d’ennui ? Leur crime est-il le fruit de la violence des passions qui les habitent, d’une révolte contre leur condition ? Entre Paris et Bordeaux, ce numéro va à la rencontre de personnages troublants : Thérèse Raquin d’Émile Zola et Thérèse Desqueyroux de François Mauriac.   N° 118 - Mars 2027 Comment aborder la littérature médiévale avec des élèves d’aujourd’hui ? Le choix du Chevalier de la charrette parmi les œuvres au programme en 1re peut surprendre à plus d’un titre : barrage de la langue, personnages typés même si Chrétien de Troyes s’attache à les doter de spécificités, récits légendaires… Le dossier et les séquences s’efforceront de rapprocher les textes médiévaux qui aujourd’hui encore peuvent intéresser de jeunes lecteurs.   N° 119 - Mai 2027 Balzac, Zola, Maupassant : au-delà du miroir  En radiographiant les mœurs de leur temps, les écrivains jettent un regard lucide sur un monde fait de conventions et d’apparences. On proposera des études de romans, dont celle de Pot-Bouille, qui manifestent et dénoncent la manière dont les structures et les normes économiques, sociales, de genre impactent en profondeur les vies humaines.   S'abonner

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Séquence pédagogique

La Boétie, Discours de la servitude volontaire

À travers le Discours de la servitude volontaire , les élèves explorent les mécanismes de la domination et s’interrogent sur les raisons qui poussent les peuples à accepter la servitude. La séquence ouvre une réflexion sur la liberté et la résistance individuelle.

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Séquence pédagogique

"Liberté" de Paul Éluard

À partir du poème emblématique d’Éluard, les élèves étudient la puissance évocatrice de l’écriture poétique et la manière dont la poésie devient un acte de résistance. La séquence met en lumière la force symbolique du mot « liberté ».

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Fiche élève

Interrogation et exclamation

En s’appuyant sur le Discours de la servitude volontaire , cette fiche propose une révision complète du fonctionnement grammatical et des emplois rhétoriques de l’interrogation et de l’exclamation. Elle inclut des rappels théoriques et des exercices pour préparer le baccalauréat.

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L'île des esclaves - Marivaux

Téléchargez  gratuitement  le livret pédagogique de l' Ile des esclaves de Marivaux pour enrichir vos cours et pour accompagner vos élèves dans l’étude de cette comédie engagée.

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Féminicides

Par Daniel Bergez Nathacha Appanah est une journaliste et écrivaine d’origine mauricienne, dont la langue originaire est le créole mais qui publie en français des ouvrages toujours remarqués de la critique. Il y a trois ans, elle avait fait paraître Rien ne t’appartient (Gallimard), récit onirique à la sensualité entêtante, qui suivait la formation d’une jeune fille rapidement « gâchée », vouée au déshonneur par de premières expériences sexuelles, avant d’être livrée à la violence de son mari. Dans ce roman, rien ne permettait d’identifier les lieux, placés dans un décor volontairement imprécis, mais on soupçonnait très fortement une inspiration autobiographique. Le voile de l’impersonnalité se déchire dans le dernier ouvrage de la romancière. C’est bien d’elle-même qu’elle parle aujourd’hui, non en cédant à une complaisance narcissique comme le font beaucoup de textes actuels, mais pour croiser une des préoccupations dramatiques de notre actualité : les féminicides. Associant récits, réflexions, jugements et interrogations douloureuses, le livre combine trois histoires singulières mais réunies par une même terrible expérience de la violence masculine : celle de la narratrice, qui a failli y laisser la vie, celle de Chahinez, jeune fille brûlée vive par son agresseur, et celle d’une jeune Mauricienne, amie de la romancière, qui y a elle aussi laissé la vie. Les trois récits se succèdent dans le livre, mais se croisent aussi par les échos que tisse entre eux la romancière, faisant résonner à chaque fois la même douleur face à l’incompréhensible, et plongeant le lecteur dans un sentiment d’insupportable fatalité. Un leitmotiv réunit ces trois drames, une scène pathétique qui précède de très peu l’irrémédiable de la violence : la course éperdue d’une jeune femme qui fuit à perdre haleine, dans un ultime réflexe de survie, pour échapper à la mort. À la fois essai réflexif et création libre, le livre puise dans tous les registres – notamment celui du roman pour imaginer plusieurs fois des scènes recomposées ou inventées. Le premier chapitre prend ainsi l’allure d’une comparution judiciaire fictive où tous les futurs coupables sont réunis dans un même lieu. Dans cette « pièce imaginaire » se retrouvent MB, RD et HC, dont le texte condense les années de formation en des termes qui savent être nuancés : « Ils ne sont pas entièrement mauvais », affirme l’entame du livre ; cependant chaque portrait se conclut par un « À le voir ainsi [...], on n’imagine pas », avant que le chapitre ne s’achève par une sentence radicale : «  Dans ce lieu vitreux, il n’y aura aucune place pour les explications psychologisantes qui ne servent qu’à disculper les coupables ». S’il est impossible de pardonner, il l’est donc tout autant de simplement comprendre la raison des féminicides. Pourquoi écrire sur ces drames, ces « instants qui sont si accablants qu’ils ne rentrent pas dans la mesure du temps » ? La réponse arrive très tôt : il s’agit de composer le « rêve d’un nous et d’un récit commun [...] tressé de trois voix  », à la recherche d’« une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du corps, de l’esprit ». Le livre tient cette promesse par un grand souci de précision et d’exactitude dans le récit factuel des événements, allié à une extrême délicatesse, toujours suggestive, dans le déroulé des trois vies. La plume de Nathacha Appanah, souvent inspirée, est particulièrement émouvante. Évoquant l’emprise qu’exerça sur elle un homme d’âge mûr, écrivain marié, elle écrit qu’il l’a « retournée comme un gant [...] Il m’avait lavée de moi-même ». Dans un poème qu’il dit avoir écrit pour elle, les « lettres sont longues et fines, telles des lianes entre-mêlées ». Les impressions du passé se mêlent constamment aux jugements au présent, dans un dialogue entre deux identités que l’écart temporel rend impossible : « je ne connais pas l’étendue et le poids du bouquet narcissique que je lui offre », « Je rêve parfois de faire le procès de cette jeune fille ». Après une entrée dans la sexualité qui la laisse « quelques instants, à côté de moi-même, hébétée », s’ensuivent des scènes de brutalité, à la limite d’une expérience de la mort, lorsque son amant jaloux menace de l’étrangler. Jusqu’à cette terrible nuit de mai : « Je cours dans cette robe, je suis pieds nus. Je cours pour lui échapper. ». Retournant chez ses parents qu’elle avait délaissés depuis plusieurs années, Nathacha Appanah a évité le pire. Ce n’est pas le cas des deux autres victimes que le livre évoque successivement. C’est en mai 2021 qu’à Mérignac, près de Bordeaux, a été assassinée Chahinez. Elle était la vie même, elle avait la beauté heureuse avec ses enfants et ses amies. Mais la jalousie du mari alla jusqu’à l’horreur. « Elle courait, il lui a tiré dans les jambes, elle est tombée, il l’a aspergée d’essence et l’a immolée . » Quant à la jeune Emma, Mauricienne cousine de la romancière, c’est « épuisée par les colères et la jalousie de son mari » qu’elle s’enfuit un soir, où elle sera poursuivie par lui en voiture. « Il roule sur toi, une fois deux fois trois fois ». Pour Emma le livre se fait prière, tentative de rédemption salvatrice par la recherche d’un chant de beauté qui transmue le pathétique en douceur : « je cherche un baume une beauté une douceur une délicatesse une caresse un chant pour t’accompagner Emma, pour que tu sois moins seule désormais. ». Livre de douleur et d’hommage, mais aussi d’interrogations sans réponses, La Nuit au cœur confronte le lecteur à l’insoutenable de « ce qu’est véritablement l’effacement d’une femme ». On sort de cette lecture bouleversé.

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Fiche élève

La langue de l’autre

Cette fiche explore les thèmes de l’altérité et du rapport à soi. Elle s’appuie sur un extrait de l’ Histoire romaine de Tite-Live, mis en parallèle avec un passage du Chevalier inexistant d’Italo Calvino et la gravure La Tour de Babel de Gustave Doré.

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La Nuit des Temps - René Barjavel - Une œuvre une voix

Dans cet article téléchargez gratuitement le guide pédagogique pour vous aidez à enseigner L a Nuit des Temps de René Barjavel dans la collection Une œuvre, une voix

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