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Il faut plusieurs années aux élèves pour acquérir les multiples habiletés nécessaires à l’écriture manuscrite. L’école maternelle tient une place absolument essentielle dans cet apprentissage. C’est là en effet, dès la petite section, que se prennent les bonnes habitudes.

Les exercices de graphismes, qui permettent de s’entraîner au geste moteur, et l’écriture proprement dite sont deux choses différentes. Le programme rappelle que, dans le cadre de l’entraînement au geste graphique puis d’écriture, l’enseignant(e) doit veiller à bien les différencier.


Graphisme et écriture : quelles différences ?

Les exercices de graphismes ont pour principal objectif le développement de l'activité perceptive, l'éducation de la motricité fine, l'exploration d'une multitude d'organisations spatiales. Cela se traduit par la découverte et la production sur différents types de supports de toutes sortes de tracés, de formes (traits verticaux, traits horizontaux, points, boucles, cercles), de motifs qui se structurent et s'organisent.

L’écriture est une activité soutenue par le langage, la combinaison codée d’un système de signes. Sa fonction est de conserver et de communiquer. Pour écrire un mot, l'enfant doit non seulement maîtriser le tracé des lettres mais aussi respecter les règles et conventions de notre système, en comprendre le fonctionnement, et surtout donner du sens à ce qu'il écrit.

Si apprendre à écrire pour un enfant ne se réduit pas à la capacité de tracer quelques lettres, il est important néanmoins de parvenir à automatiser le geste graphique pour le libérer de cet effort et concentrer son attention sur le sens de ce qu’il écrit.

Construire les habiletés nécessaires à l’écriture

L’apprentissage du geste d’écriture se construit progressivement. « Il recouvre l’ensemble des processus qui sont à l’œuvre pour écrire, du moment où l’élève s’apprête à prendre le crayon jusqu’au moment où il écrira en cursive. » (Programme d’enseignement pour le développement et la structuration du langage oral et écrit du cycle 1)

Dès la petite section, l’enseignant(e) met en place des activités qui vont aider les enfants à développer les habiletés nécessaires à la maîtrise progressive du geste graphomoteur.

  • L’organisation spatiale (la position, la direction, l’orientation – et plus tard, la latéralisation), la posture et l’organisation des mouvements se construisent à travers des activités de motricité globale et de motricité fine. Les activités de motricité globale sont reliées au domaine « Agir, s’exprimer, comprendre à travers l’activité physique ».
  • L’habileté gestuelle et la coordination œil-main s’exercent par des activités variées de motricité fine (puzzles, encastrements, labyrinthes, pâte à modeler, perles…). La coordination œil-main nécessite l’intervention de la vision et de l’ensemble du bras (main, poignet, avant-bras et épaule).
  • Les compétences nécessaires à la reproduction de formes graphiques doivent être développées, par exemple par des activités d’observation, de repérage et de reproduction de modèles.
  • Plus spécifiquement, il s’agit aussi de préparer les enfants à la tenue du crayon par des activités mettant en jeu la pince (pouce-index) et le support du majeur, d’exercer le contrôle de la pression, d’apprendre à freiner son geste, de travailler la précision et la souplesse, par exemple par des jeux de doigts, des activités de modelage, de découpage, la manipulation de pinces à linge, de perles, etc.

Les activités graphiques

Ces activités ont pour objectif de faire découvrir aux élèves les différents éléments graphiques (matériaux, outils scripteurs, etc.) et d’apporter aisance, souplesse et fluidité des gestes pour leur permettre d’aborder l’écriture avec plaisir et confiance.

Les enfants s’entraînent à reproduire et organiser des graphismes variés : enchaînement de lignes simples, rectilignes ou courbes, continues ou brisées, qui se structurent parfois en motifs et jouent sur la répétition, l’alternance, les rythmes ou les multiples facettes de la symétrie. Les arts visuels, les arts décoratifs, les objets du patrimoine choisis pour leur richesse graphique, sont des ressources à privilégier.

Des activités de graphisme peuvent renvoyer implicitement à des caractéristiques de l’écriture de manière à préparer les élèves à la maîtrise des tracés de base en travaillant des formes préscripturales (vagues, ponts, cannes, boucles…), des rythmes d’espacements, l’horizontalité de la ligne, le sens de l’écriture. Les élèves développent enfin des compétences de perception des caractéristiques des lettres.

Apprendre le geste d'écriture

Les objectifs de cet enseignement, énoncés dans le programme, sont de conduire l’élève à :
- adopter une posture corporelle compatible avec le geste graphomoteur ;
- utiliser de façon coordonnée les quatre articulations qui servent à tenir et à guider le crayon (épaule, coude, poignet, doigts), exercer un contrôle des tracés par une coordination œil-main ;
- tracer volontairement des signes abstraits dont il comprend qu’il ne s’agit pas de dessins, mais de lettres.

À partir de 4 ans, les élèves apprennent à tracer des lettres capitales et reçoivent un enseignement structuré de l’écriture cursive (en moyenne section ou lorsque l’enfant est prêt). Ils sont capables de copier en lettres capitales leur prénom et/ou d’autres mots du répertoire de mots familiers de la classe.

À partir de 5 ans, les élèves tracent des lettres en écriture cursive et s’entraînent à les enchaîner, en ne levant qu’à bon escient le crayon. Ils peuvent écrire en cursive leur prénom sans modèle, ainsi qu’un mot simple (sans double consonne ni lettres muettes) avec ou sans modèle. 

L’enseignant(e) veille au respect de l’ordre des lettres et met en évidence les conséquences du respect ou non de cet ordre sur ce qui peut ensuite être lu.

Rappelons que si l’initiation à l'écriture cursive doit s'appuyer sur une progression rigoureuse, son apprentissage systématique se fera au CP.

Enfin, l’enseignant(e) veille à ne jamais isoler les trois composantes de l’écriture : la composante sémantique (le sens de ce qui est écrit), la composante symbolique (le code alphabétique) et la composante motrice (la dextérité graphique).

Découvrez une sélection d'exercices graphiques et d'initiation à l'écriture :

Supports magnétiques

Pour s’entraîner aux gestes graphiques en position verticale ou horizontale.
Surface magnétique, effaçable, lavable, indéchirable.

Pistes graphiques

De beaux supports en bois épais pour s’entraîner aux tracés de base de l’écriture. Les enfants développent la sensibilité tactile, la mémorisation des gestes par le toucher en creux, et apprennent à tenir un stylet.

Lettres, chiffres et tracés rugueux

Pour découvrir de façon sensorielle les lettres, les chiffres et des motifs graphiques. Les doigts de l’enfant sont guidés par les formes rugueuses. Les cartes sont en matière indéchirable.

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MONTESSORI LANGAGE

Un parcours d’apprentissage progressif pour entrer dans l’écrit avec la pédagogie Montessori.

L’enfant dispose d’un matériel sensoriel riche, conçu pour durer et favoriser l’autonomie, la concentration et le plaisir d’apprendre !

« Le domaine du langage accompagne l’enfant dans sa conquête des mots. Tout d’abord découverte des sons, puis du lien graphème-phonème, puis de l’écriture et enfin de la lecture. »

Marguerite Morin,
Montessori à l’école maternelle - Pourquoi et comment réinventer sa pratique, Nathan 2022