Comment les rendre acteurs de leur orientation ?
Janvier rime aussi avec s'orienter. Épaulés par leurs professeurs principaux, garants du calendrier, les élèves de 3e, de seconde et de terminale vont devoir choisir. Les premiers leur lycée ou leur CFA ; les deuxièmes, leurs spécialités ; les troisièmes, leurs études supérieures. Comment les accompagner au mieux dans ce labyrinthe encombré par une crise sanitaire et une réforme du bac toujours en cours ?
En finir avec l'orientation subie
Par défaut, par dépit, faute de mieux… Les élèves auxquels une voie est imposée sont souvent ceux qui décrochent. Pour en finir avec l'orientation subie, l'enjeu est de les rendre acteurs de leur projet pour qu'ils soient capables d'exprimer leurs souhaits et de se faire entendre.
Tout l'art des équipes éducatives - en charge des « parcours Avenir » - va donc résider dans la façon dont elles vont transmettre les informations ; susciter des envies ; et autoriser tous les élèves à verbaliser leurs vœux, même quand ces derniers ne vont pas dans le sens attendu des adultes, parents ou enseignants. Cet exercice complexe nécessite des connaissances, du temps et de l'écoute. En temps de Covid 19, il prend des allures de défi à relever…
Des ressources pour tous
Face aux questionnements, aux craintes et aux doutes de leurs élèves - Ils témoignent -, les enseignants peuvent heureusement compter sur les conseillers d'orientation rebaptisés depuis 2017, psychologues de l’Éducation nationale (PsyEN). Dans les établissements, ces spécialistes « éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle » sont très sollicités, particulièrement en cette année de crise sanitaire et de réforme du bac comme le rappelle Le Monde. D'où l'intérêt d'inciter les élèves à prendre rendez-vous, avant les dates butoir de prises de décision et en évitant les périodes sous tension, dans un Centre d'information et d'orientation (CIO). Adultes et jeunes peuvent également consulter des guides d'orientation par thématiques ou par niveau dans ces lieux implantés dans tout le territoire ou les télécharger gratuitement.
Autres sources d'information, les salons de l'orientation, virtuels cette année, coronavirus oblige. Ce format accessible sur inscription gratuite présente des avantages. Au lieu de durer deux ou trois jours, le salon à distance peut rester ouvert plusieurs mois ce qui permet d'y revenir pour récupérer des infos « oubliées » lors de la première visite. Attention néanmoins à ne pas rater les temps forts qui proposent des conférences à suivre en direct, des tchats alimentés par de vrais conseillers, voire des échanges par écrans interposés… Certains forums n'ont pas lésiné sur le design, allant même jusqu'à permettre au visiteur de créer un avatar.
Enfin les portes ouvertes des établissements sont également des options à ne pas écarter, même en période de contraintes sanitaires. Pour les élèves, elles s'avèrent parfois déterminantes dans leurs choix.
Au collège, concrétiser et se motiver
Avant de choisir entre la voie générale, technique, pro ou agricole, les collégiens ont besoin de concret pour se projeter, se motiver et être en mesure de faire un choix réfléchi. C'est d'ailleurs la finalité du stage de 3e qui permet aux élèves de découvrir le monde économique et social pendant cinq jours. Mais cette année, ils sont facultatifs, de nombreuses entreprises ayant opté pour le télétravail.<br>Connaître la diversité des métiers est aussi au programme du parcours Avenir. Certains collèges organisent des carrefours des métiers dès la 4e avec les parents d'élèves ou font appel à des associations comme Like ton job qui propose un programme avec des professionnels qui viennent en classe dès la 5e.<br>Faute de faire des rencontres en présentiel pour des raisons sanitaires ou autres, il existe des vidéos dans lesquelles les métiers sont racontés par ceux qui les exercent, notamment sur le site Ouest-France.
Au lycée, affiner et choisir
Avec la réforme du bac, une nouvelle étape s'impose aux lycéens de seconde : le choix des spécialités. Le site horizon21 simule des combinaisons et permet de découvrir les perspectives de formations et de métiers. Mais quelle sera la combinaison la plus pertinente pour les études supérieures ? Ainsi posée, la question a l'avantage d'anticiper une réflexion et de commencer à faire le tri entre les études courtes ou longues et de s'informer sur les nouveautés, comme le DUT en deux ans qui, à la rentrée 2021, se transforme en BUT. Objectif Sup, spécial après le bac de l'Onisep qui vient de paraître, propose un mode d'emploi complet et limpide pour se repérer dans les différentes filières.
Quant aux élèves de terminale, le compte à rebours a commencé le 20 janvier avec l'ouverture des inscriptions sur Parcoursup. À ce stade, ils sont censés avoir bénéficié de 54 heures annuelles pour travailler leur orientation. C'est écrit dans les textes depuis la réforme de 2018 mais la réalité est plus nuancée comme le pointent Les Échos. Pour certains lycéens, la rédaction de leur projet motivé est l'occasion de confirmer des choix, de les affiner ou de les ajuster, notamment en s'informant davantage sur les formations visées. Pourquoi ne pas contacter directement des étudiants qui les suivent comme le propose le site Thotis par exemple ?<br>Pour d'autres, c'est encore le flou et l'incertitude qui dominent. Pas de panique, il reste encore assez de jours pour les aider à élaborer eux-mêmes leur projet, en les incitant à se projeter avec des fiches métiers par exemple pour y voir plus clair. La date butoir pour formuler leurs vœux est fixée au 11 mars.
L'alternance, à ne pas négliger
Souvent encore mal considérée dans le secondaire, l'alternance a pourtant le vent en poupe auprès des jeunes et des entreprises. Elle bénéficie même d'un rayonnement européen grâce à l'accent mis sur les apprentis par le programme Erasmus +. Cette voie professionnelle, qui délivre des diplômes du CAP à Bac + 5, est surtout une alternative pour les élèves allergiques aux salles de classe ou qui ont besoin de concret pour donner du sens à leur apprentissage en alliant théorie et pratique.
Certes, il reste toujours cette crainte omniprésente de se tromper. Mais à 14 ans comme à 17 ans, est-ce si dramatique ? Quel que soit leur choix, les élèves ont le droit de faire fausse route. C'est important de le leur rappeler. Des passerelles existent à tous les niveaux. Au pire, ils perdent une année mais ils auront forcément appris de leur « échec ». Les accompagner, c'est aussi les rassurer.