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Conflits entre les parents et l’école |
Que faire en cas de conflit ?
Il y a conflit quand la rupture de communication s’installe, quand l’incompréhension règne : « Il ne comprend pas ce qu’on lui dit, elle ne comprend pas mon enfant, il ne comprend rien à rien… ». Ne pas rompre le dialogue et chercher un médiateur est la vraie solution et l’institution scolaire en met à votre disposition. En cas de conflits, il est toujours préférable de chercher des solutions, plutôt que de chercher des coupables. En cas de litige, il existe au niveau académique un médiateur qui cherchera une solution compatible avec les intérêts de l’enfant. Il est possible aux parents de demander au rectorat ses coordonnées.
Tenir compte de l’enfant
L’impact d’un conflit est fortement ressenti par l’enfant. Le système de l’école est triangulaire : si l’un des partenaires perd confiance, le système est en danger, il ne faut donc jamais attendre et laisser les choses se dégrader.
Deux types de conflit
Les sources de conflits ne manquent pas. On pourrait cependant les classer en deux catégories : le conflit institutionnel, qui met en doute le fonctionnement de l’école, de la classe ou la pertinence de certains choix collectifs ; le conflit de type personnel, qui met en doute les compétences ou les savoir-faire des familles, des enfants ou des enseignants. Ce dernier porte atteinte à l’individu et est souvent plus délicat à gérer.
Le rôle des parents
Vous avez le droit et le devoir d’être tenu informé des difficultés que peut rencontrer votre enfant. L’enseignant doit vous recevoir. Soyez attentif au passage de la maternelle à l’élémentaire : les enseignants de maternelle vous sont plus aisément accessibles compte tenu du système d’accueil et de sortie de l’école ; à l’école l’élémentaire, il vous faudra prendre rendez-vous avec le maître que vous n’aurez pas l’occasion de croiser régulièrement. Si cette rencontre ne vous a pas rassuré, c’est vers le directeur de l’école que vous pourrez vous tourner. Cependant ne négligez pas de rencontrer d’abord l’enseignant, c’est la première question qui vous sera posée. En cas de conflit institutionnel, les associations de parents d’élèves sont d’un précieux secours. Elles peuvent demander à ce que le problème soit porté à l’ordre du jour du conseil d’école. Si le conflit revêt un aspect plus personnel, la prudence est de rigueur. Là encore, le directeur est une personne ressource. Si toutefois son intervention ne vous a pas rassuré, informez-le que vous poursuivrez votre démarche auprès de I.E.N. de la circonscription dont l’adresse doit être affichée à la porte de l’établissement. Sachez qu’en cas de suspicion de violence, d’abus sexuel ou de tout autre comportement mettant l’enfant en danger, il est du devoir du directeur de prévenir sa hiérarchie.
Peut-on changer son enfant d’école ?
La répartition des enfants est faite en fonction de la carte scolaire décidée par la mairie. C’est donc au maire que vous devez adresser une demande de dérogation en prenant soin de bien exposer vos motivations. En cas de grave conflit à l’école, une décision commune est prise par l’inspecteur, les parents et l’école et, en général, le maire ne s’y oppose pas.
Les relations parents-école
Plus l’enfant est petit, plus la relation entre l’école et les parents est importante. On connaît des cas où l’école a fait changer les parents d’attitude, c’est le cas, par exemple de l’histoire de la maternelle des Trois petits ponts à Roubaix : on y accepte les enfants même s’ils ne sont pas encore propres à 2 ans. Une réunion est tenue avec les parents avant la rentrée. Pendant les premières semaines, on demande aux parents de venir, de rester au besoin plusieurs demi-journées. Les parents participent ainsi au travail de l’école et s’y impliquent véritablement. Ils changent leur manière de parler à leurs enfants, et à la fin de l’année certains ont même complètement modifié leur attitude vis-à-vis de la vie scolaire. Il arrive malheureusement que certains parents demandent à l’école d’exagérer la charge de travail de leurs enfants ; ils voudraient, par exemple, que l’école leur apprenne à lire dès 4 ans et leur donne des devoirs dès 5 ans.
Connaître l’enfant
Comment l’école se comporte-t-elle devant ces attitudes ? Elle craint souvent les contacts avec les parents ; et il peut arriver qu’un rendez-vous ne soit donné qu’au bout de plusieurs semaines. En fait l’école ne discute pas assez du cas de chaque enfant. Si le rôle du maître est bien de lui apprendre à lire, à écrire et à compter, il est aussi de bien connaître l’enfant, ses attentes, ses inquiétudes et ses blocages. Prenons le cas d’une petite fille très brillante jusqu’en grande section de maternelle et pour laquelle ensuite plus rien n’a marché. Elle a suivi 3 ans d’orthophonie sans progrès significatifs. Que s’était-il passé ? Son petit frère est décédé de mort subite au printemps et, dans ces conditions, elle est devenue inapte à apprendre à lire en CP, même si elle savait presque lire avant d’y entrer. Faute de connaître son histoire, on lui a fait faire trois ans d’orthophonie pour rien, alors qu’il aurait fallu l’aider à faire le deuil de son petit frère sinon il lui était impossible de se motiver pour quoi que ce soit. Les problèmes affectifs peuvent mettre un enfant en grande difficulté scolaire ; c’est dans ce domaine notamment que le dialogue entre enseignants et parents peut se révéler indispensable.
L’urgence est mauvaise conseillère
Les parents ont souvent envie que leur enfant prenne de l’avance. Cette obsession va souvent à l’encontre de l’intérêt de l’enfant. Et c’est à l’école de montrer aux parents que les passages anticipés, notamment au cours préparatoire, ne garantissent pas un succès futur. Il faut accorder une importance relative aux tests d’intelligence ; ils sont loin d’être un indicateur absolu. Il ne suffit pas en effet d’avoir un QI élevé pour être assuré d’aller plus loin et plus vite que les autres. Motivation et sérénité, bien-être affectif sont les conditions nécessaires d’un bon épanouissement intellectuel.
Profession Parents - p 57
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